Chronique histoire : l’origine véritable des fantômes du manoir Rouville-Campbell (partie 2)
Durant les deux nuits suivantes, Duncan Campbell fut témoin de ce même avertissement. La troisième nuit, le message fut différent : « Inverawe! Inverawe! Adieu, nous nous reverrons à Ticonderoga! »
Quel était donc ce lieu auquel il était convié? Jamais n’en avait-il entendu parler auparavant. Et, durant les mois qui suivirent, il s’empressait auprès des voyageurs pour leur demander des renseignements à propos de ce lieu sinistre et maudit; personne ne put lui répondre.
Les années passèrent et le fantôme semblait avoir oublié sa promesse de vengeance. Campbell devint officier dans le régiment écossais surnommé le Black Watch. En mai 1756, il fut envoyé en Amérique sous le commandement du lieutenant-colonel Francis Grant. Deux années plus tard, il fit partie de l’armée britannique commandée par Abercrombie qui devait assiéger le fort Carillon.
Cette mission n’enthousiasma pas Campbell, convaincu que ce siège était perdu d’avance.
L’assaut devait avoir lieu le 7 juillet. Au cours de la nuit précédente, Campbell allait s’assoupir quand il aperçut la main qui tenait la dague : « Inverawe! Le sang a coulé. Le sang coulera! Te voilà à Ticonderoga! » Duncan comprit qu’il ne pouvait plus échapper à son sortilège. Il se rendit auprès de ses amis pour leur apprendre ce qui venait de lui arriver. Ceux-ci connaissaient ses apparitions et s’étaient gardé de lui révéler que les Amérindiens appelaient Ticonderoga le site où était le fort Carillon.
Le lendemain, au cours du combat qui opposait environ 3600 Français à plus de 15000 Britanniques, Duncan Campbell fut blessé au bras; le chirurgien dut le lui amputer. Campbell rendit l’âme lors de la retraite et fut enterré dans le petit cimetière du fort Edward.
Depuis ce temps, quand l’orage gronde sur les montagnes entourant le fort Ticonderoga, on raconte que l’on peut voir Duncan et son cousin Donald marchant côte à côte au son des notes stridentes d’une cornemuse. Parfois même, ils se rendent jusqu’au manoir Rouville-Campbell de Saint-Hilaire, selon certains témoins qui affirment que les spectres des deux cousins arrivés maintenant en Amérique s’amuseraient à visiter le célèbre manoir construit par un des leurs.
Soyez aux aguets! (fin)


