Chronique histoire : légitime défense et maudit alcool!
Légitime défense, alcool et fusil chargé à plomb! Tous les ingrédients d’une scène digne du Far West étaient présents dans le drame qui s’est déroulé à Chambly le 27 avril 1908. Il est relaté par un envoyé spécial du journal La Presse dans l’édition du lendemain. Un drame affreux!
Wenseslas (Stanislas) Fortin, marchand-épicier et propriétaire de l’épicerie Riendeau, est un nouveau résident au village de Chambly-Bassin. En sortant de la séance municipale qui vient de lui accorder sa licence de vente de spiritueux, il décide de célébrer sa bonne fortune. Il se rend au Grand Hôtel pour prendre un verre en compagnie de monsieur Lespérance, propriétaire, qui lui aussi vient d’obtenir sa licence.
Or, lorsque vient le moment de retourner chez lui, Fortin se perd en chemin. Il cherche de l’aide en frappant systématiquement à toutes les portes, mais personne ne veut prêter secours à l’ivrogne. C’est ainsi qu’il arrive chez Georges Wilson. Ce dernier lui fait la même réponse que les autres. Exaspéré, Fortin veut forcer la porte, une porte vermoulue qui cède sous l’assaut. Georges saisit alors son fusil de chasse toujours chargé de plomb. Laissons le journaliste de La Presse raconter la suite.
« Horreur! Au même moment un coup de feu partit de l’intérieur. Et ce fut tout. Le projectile avait transpercé la bouche de l’intrus qui, sans un cri, venait d’exhaler son dernier souffle. Wilson demeurait atterré. »
Georges Wilson s’empresse d’aller quérir le docteur Jean-Salomon Taupier, assistant-coroner, qui ne peut que constater la mort. « Toute la charge a porté vers la bouche, » expliquera-t-il au cours de l’enquête.
La Presse du 29 avril nous apprend que Georges Wilson est tenu criminellement responsable et condamné à subir un procès. Une caution de 4000 $ est exigée. Il sera acquitté grâce au témoignage de sa femme confirmant la légitime défense.
