Cantalou : l’album « doux-amer » de Thierry Larose

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Par Chloé-Anne Touma | Initiative de journalisme local
Cantalou : l’album « doux-amer » de Thierry Larose
Thierry Larose lance son album Cantalou, sur lequel figure notamment son succès de l’été passé, Nos amants de Pompéi. (Photo : Capture d'écran - vidéoclip de Cantalou)

Pour son premier album, Cantalou, Thierry Larose aura droit à un lancement dans les règles de l’art, le 27 mars prochain au National de Montréal.

Avec sa chanson Les amants de Pompéi, révélée l’été passé au PalmarèsADISQ, le jeune auteur-compositeur-interprète originaire de Marieville s’est imposé à la fois comme une bête curieuse et un génie moderne dans le paysage musical. Aujourd’hui, il nous emporte une fois de plus dans son univers coloré avec l’album Cantalou, un mélange de folk-rock et d’indie pop lo-fi, sur lequel figure notamment son succès estival.

Insaisissable et nuancé

L’artiste, qui n’est pas friand des étiquettes, ne prétend pas détenir un style particulier. « Pour moi, le disque au départ, c’était de la musique pop. Mais je dois dire que je fais partie de ces artistes qui n’aiment pas qu’on les mette dans des cases. Je n’ai pas d’attachement particulier au genre musical. J’aurais du mal à en choisir un seul pour me présenter. »

« Tout s’est passé relativement vite (…) J’en suis très reconnaissant. Je ne dois pas m’enfler la tête! » – Thierry Larose

Aussi à l’aise à produire de la musique acoustique en studio qu’à solliciter du matériel de production synthétique, le multi-instrumentiste a joué une grande partie des instruments que l’on peut entendre sur l’album. Fort de modestie, il avoue ne pas être autodidacte. « Petit, j’ai pris des cours de guitare à Marieville. Ensuite, j’ai eu des leçons de piano. Ce serait très vaniteux de dire que je suis un professionnel. Par exemple, sur certains passages, disons plutôt que je me suis improvisé batteur et on a gardé les enregistrements qui faisaient l’affaire », confie-t-il, sur un ton rieur.

Une lecture au second degré

La chanson éponyme de l’album et son vidéoclip nous font osciller entre la gaieté et le spleen, à travers les yeux d’un enfant en quête ludique d’apprentissage, et l’appréhension d’une découverte désenchantante. Quant au morceau Les amants de Pompéi, qui, sur un air pourtant très entraînant, se veut être une réinterprétation de l’histoire mélancolique des amoureux pétrifiés par l’éruption du Vésuve, il témoigne aussi de la profondeur et du long vécu de l’artiste de 23 ans.

Lorsqu’on lui demande d’où lui vient l’inspiration pour des chansons aussi mystérieuses, il répond qu’il n’a « pas de méthode particulière. Je ne suis pas un artiste discipliné. J’aimerais avoir une éthique de travail et pouvoir mieux vous parler de ma démarche artistique, mais je suis du genre à me laisser porter par des idées qui me fascinent naturellement. Ce que je peux dire, c’est que ce genre d’histoire “bittersweet” (doux-amer) m’inspire énormément ».

Un hit surprise

« Le plus drôle avec la chanson Les amants de Pompéi, c’est que bien qu’elle ait été présentée en primeur et produite en vidéoclip, on ne s’attendait à rien avec elle. Elle est arrivée plus tard en studio. On l’a montée avec du piano et des instruments synthétisés à l’ordinateur. J’en avais écrit les paroles la veille des sessions d’enregistrement. Et en bout de ligne, en la réécoutant, on s’est rendu compte qu’il s’agissait sans doute de l’un des morceaux les plus forts du disque. C’était le préféré du label et même de mes amis. »

Des événements qui ont déboulé

Quand on lui parle de son succès, Thierry raconte que « Tout s’est passé relativement vite. La pandémie m’a offert une sorte de pause qui m’a permis de me rendre compte de tout ce qui s’était passé et du chemin que j’avais fait dans l’industrie. Et là, j’ai enfin réalisé. J’en suis très reconnaissant. Je ne dois pas m’enfler la tête! »

Établi à Montréal depuis deux ans, il se pince d’avoir signé avec le label rebaptisé « Bravo Musique », mais plus connu sous les noms « Dare to Care » et « Grosse Boîte », dont la réputation n’est plus à faire. « Déjà enfant, je connaissais le label. Je me souviens des fois où je me ruais au club vidéo Alpin, à Marieville, pour me procurer ses albums, qui arrivaient en lot, à intervalles de quelques mois », se remémore Thierry.

C’est aux Francouvertes qu’il a été repéré par la boîte, qui est plutôt du genre à choisir les artistes et à faire le premier pas vers eux qu’à offrir des contrats à ceux qui lui soumettent des démos.

Bien que l’enregistrement de cet album se soit fait de façon très condensée dans le temps selon Thierry, « il regroupe à la fois des morceaux écrits il y a plus longtemps et d’autres plus nouveaux. C’est un premier album qui montre forcément toutes les influences que j’ai connues depuis que je suis né. J’ai hâte d’attaquer le deuxième, car il sera plus représentatif de ma réalité actuelle, de la position à laquelle je me situe au temps présent ».

C’est à la suite des dernières annonces du gouvernement relativement à la réouverture des salles de spectacles en zone rouge que l’artiste a appris que le lancement du 27 mars se tiendra au National de Montréal, en présence de spectateurs, pour son plus grand bonheur. Il est donc possible d’y réserver sa place en se rendant sur le site Internet du théâtre pour acheter son billet.

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