Cannabis : les craintes de l’Assocaition Maritime du Québec

Cannabis : les craintes de l’Assocaition Maritime du Québec

La Régie intermunicipale de police Richelieu–Saint-Laurent surveille la rivière Richelieu et le Bassin de Chambly en période estivale.

Crédit photo : archives

CHAMBLY. L’Association Maritime du Québec (AMQ) invite les plaisanciers à la prudence alors que la Loi sur le cannabis est entrée en vigueur depuis peu.

Quelques semaines après l’entrée en vigueur de la Loi sur le cannabis, et malgré l’imminence de la fin de la saison nautique, l’AMQ tient à rappeler aux plaisanciers et pêcheurs qui s’aventurent encore sur les plans d’eau que la consommation de cannabis s’avère un facteur de risque non négligeable pour les sorties sur l’eau.

Alain Roy, directeur de l’Association souligne que les effets d’une consommation de cannabis sur la navigation de plaisance ne sont pas à prendre à la légère: « Tout comme l’alcool, la conduite d’une embarcation de plaisance sous influence est dangereuse à plus d’un titre: pertes de réflexes, effets possibles de somnolence et sous-évaluation du danger. »
L’organisme prend comme référence une récente étude réalisée en France sur la consommation de cannabis qui s’accompagne d’effets comportementaux et physiologiques qui apparaissent dans les 10 minutes suivant la prise et peuvent persister entre 3 et 5 heures.

« Parmi les effets qui pourraient avoir un impact sur la navigation de plaisance, les auteurs de cette étude confirment une altération de la perception et du jugement et un impact sur la mémoire. De plus, la consommation de cannabis entraîne une augmentation de l’hypothermie et une réduction de la coordination motrice », met de l’avant M. Roy.
« Pour toutes ces raisons, nous recommandons aux plaisanciers de s’abstenir de conduire une embarcation sous l’emprise de l’alcool ou de toute autre drogue qui aurait un impact sur les capacités d’attention et de réaction. De plus, n’oublions pas que les contrevenants s’exposeront à de lourdes sanctions » a précisé M. Roy.

« Tout comme l’alcool, la conduite d’une embarcation de plaisance sous influence est dangereuse à plus d’un titre : pertes de réflexes, effets possibles de somnolence et sous-évaluation du danger. » – Alain Roy

Conduite avec facultés affaiblies
Pour l’AMQ, le Fédéral prévoit un taux limite de 5 nanogrammes dans le sang alors qu’au provincial, la sanction s’appliquera dès qu’il y a présence de cannabis dans le sang, peu importe le taux, car au Québec, c’est tolérance zéro.

Pour la Régie intermunicipale de police Richelieu–Saint-Laurent, « les plaisanciers, les conducteurs d’embarcations sont soumis aux mêmes règles que pour les automobilistes ou tout conducteur de véhicule à moteur. L’Infraction est constatée en cas de conduite avec facultés affaiblies que cela soit avec de l’alcool ou des stupéfiants. Cela a toujours été comme cela », explique le sergent Jean-Luc Tremblay de la Régie. Et le policier précise que la légalisation du cannabis n’a rien changé à cette réglementation.

Il apporte cependant une distinction entre les passagers dans les voitures et sur les embarcations. « Pour l’alcool, les passagers d’une embarcation ont le droit de consommer, contrairement aux passagers des automobilistes. En Ontario, même les passagers d’embarcation n’ont pas le droit de consommer de l’alcool à bord », précise le sergent qui n’a pas été en mesure de nous indiquer s’il en était de même pour les passagers consommant du cannabis sur les embarcations.

Une prévention qui évoluera
Monique Parent, membre de la garde côtière auxiliaire canadienne, en charge de surveiller la sécurité des plaisanciers sur la rivière Richelieu, a fini de naviguer pour la saison. Toute l’équipe se prépare cependant déjà pour l’an prochain. « C’est évident qu’on va devoir parler, dans notre programme de prévention, du cannabis aux conducteurs d’embarcations », indique la commandante. En faisant le parallèle avec la consommation d’alcool, elle ajoute que « depuis que la Régie intermunicipale navigue sur la rivière Richelieu, il y a eu beaucoup d’amélioration dans le comportement de chacun », se rassure-t-elle.

À propos de l’AMQ
Fondée en 1996, l’AMQ a pour mission de regrouper et représenter les plaisanciers et l’ensemble des intervenants pour soutenir et favoriser le développement du nautisme au Québec. Initiatrice de nombreux programmes liés à la navigation de plaisance, l’AMQ est également la promotrice du Salon du bateau et des sports nautiques de Montréal, le rassemblement nautique le plus important au Québec.