Bien manger pour jouer

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Par Julien Dubois (Initiative de Journalisme Local)
Bien manger pour jouer
Les coachs font beaucoup de prévention dans les vestiaires. (Photo : (Photo : archives))

Le sport de haut niveau nécessite de l’entraînement mais aussi une hygiène de vie encadrée. Yannick Gaucher, directeur technique du hockey mineur de Chambly, et Maxime Bazinet, vice-président Compétition, nous livrent leur expérience sur ce sujet.

La pression du résultat, l’envie de réussir ou de s’évader, la peur de la blessure, se donner l’impression de profiter de sa jeunesse… Les raisons qui peuvent pousser un jeune sportif de boire de l’alcool, consommer de la drogue ou faire des écarts dans son assiette sont multiples. Le hockey mineur de Chambly reste prudent sur le sujet.

« Je ne suis pas forcément inquiet sur la mentalité des jeunes hockeyeurs : c’est davantage un phénomène d’imitation qu’une volonté de tricher. » – Maxime Bazinet

Maxime Bazinet, vice-président Compétition, côtoie énormément de jeunes durant la semaine. Pour lui, la prévention est présente. « On parle de ces sujets avec les jeunes à partir des M15. On le fait partout en partageant notre cadre éthique. Heureusement, je constate très peu de dérapages. Il faut dire qu’on surveille les vestiaires. Nous n’avons déploré aucun cas durant ces six dernières années. » Selon le technicien, les comportements déviants des jeunes sont le fruit de ceux des joueurs adultes. « Des joueurs de LNH consommaient de la moutarde pour éviter des crampes. Parfois, des croyances ou des méthodes viennent d’un phénomène de mode. Certains adultes prennent du cannabis avant une pratique. Nous sommes assez vigilants de ce côté-là car les jeunes copient leurs aînés. Il m’était arrivé de retrouver des sachets de moutarde dans le vestiaire. Donc je ne suis pas forcément inquiet sur la mentalité des jeunes hockeyeurs : c’est davantage un phénomène d’imitation qu’une volonté de tricher. »

Mais les produits illicites ne sont pas les seuls pouvant nuire à la santé des sportifs. Les liqueurs et autres boissons énergisantes sont aussi mal vues par le staff du hockey mineur. « On fait de la prévention occasionnellement, poursuit Maxime Bazinet. On explique bien que l’énergie est décuplée pendant un moment, mais elle s’ensuit d’une perte de forces importante. Je retrouve occasionnellement une canette dans le vestiaire. Mais c’est comme fumer à l’école, cela donne l’air cool. Les mauvais choix de vie ne sont jamais bons quand cela devient une dépendance. »

Les jeunes testés

Yannick Gaucher, directeur technique du hockey mineur, évolue au plus haut niveau québécois en ce qui a trait à la formation des hockeyeurs puisqu’il occupe aussi le poste de directeur général des Huskies de Rouyn-Noranda en LHJMQ. La nutrition et la santé des joueurs font partie de ses priorités. « On sensibilise beaucoup nos jeunes sur les boissons. Pour leur santé d’une part, mais aussi pour ne pas être en violation avec le code de la fédération concernant les produits interdits. » En 2017, un jeune Québécois a été suspendu huit rencontres car du méthylphénidate et des métabolites avaient été retrouvés dans ses analyses d’urine. Le jeune homme avait pris un médicament pour lutter contre le déficit d’attention.

Le dirigeant chamblyen est confiant concernant la discipline de ses jeunes et de l’environnement sécuritaire que propose le hockey. « Les joueurs sont souvent testés. On ne peut pas jouer avec la santé. Un naturopathe nous aide régulièrement pour que les jeunes puissent suivre un régime en accord avec la compétition. Des programmes fédéraux existent aussi pour aider les jeunes en cas de dérapage. »

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