Benjamin Talbot s’épanouit par le dessin

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Par Martine Veillette
Benjamin Talbot s’épanouit par le dessin
(Photo : courtoisie)

Benjamin Talbot réalise de nombreux dessins. Il exposera notamment de ses œuvres chez POSA/Source des monts en mai. Ce qui est particulier chez le jeune homme de seize ans, c’est qu’il a reçu un diagnostic du trouble du spectre de l’autisme.

Sa mère Maude Roy a mentionné au Journal que son garçon « dessine depuis toujours ». Aujourd’hui, il crée ses œuvres à l’aide d’une tablette électronique. Une vidéo sur sa page Facebook Benjamin Talbot Artiste Numérique montre comment il crée.

Il y a deux ans, avec l’aide de ses parents et d’une amie de la famille, Benjamin a commencé à exposer ses dessins et même à en vendre à partir de sa page. L’élément déclencheur de cette publication sur les réseaux sociaux a été un commentaire négatif et répétitif d’une personne de son école. Selon sa mère, un employé de l’école que fréquentait Benjamin, qui n‘est pas un enseignant précise-t-elle, lui a dit « de ne pas mettre d’espoir dans l’idée de vivre de ses dessins ».

« Il lui a dit trois ou quatre fois en un mois. Ça a détruit mon fils. On lui a dit que la seule personne qui pouvait décider, c’était lui. Ça n’a pas sa place, de briser le rêve d’un enfant de quatorze ans », souligne la résidante de Carignan.

Elle ajoute que son fils est conscient de sa différence. « Il est passé par beaucoup de questionnements. Les parents d’enfants différents, on devient des guerriers. On veut que notre enfant prenne sa place », affirme-t-elle.

Un dessin de joueur de hockey pour son grand frère a aussi contribué à ce qu’il poursuive sa passion.

« Tout le monde a un talent particulier et je veux inspirer les gens à trouver le leur! » – Benjamin Talbot

Les profits pour une fondation

De fil en aiguille, il s’est mis à vendre des cartes de Noël, des affiches ainsi que des calendriers créés à partir de ses dessins. Sa mère précise qu’elle et son conjoint ne forcent pas leur fils à créer pour vendre. « Il le fait seulement s’il a le goût », dit-elle.

Mme Roy explique qu’en 2017, il a créé des cartes et en a vendu 300. L’année suivante, les gens ont commencé à en demander en octobre. « On a demandé à Benjamin s’il voulait en refaire et s’il pouvait faire trois dessins. Il nous a dit oui. On ne veut pas qu’il ait de pression. Il crée des dessins et on les met en ligne pour vendre ceux qu’il veut », explique-t-elle. Au total, il a vendu plus de 2500 cartes, 50 affiches et 90 calendriers en deux ans.

Depuis qu’il a commencé, le jeune Carignanois a réalisé des profits, qu’il a remis à des fondations. La première année, il a fait un don de 250 $ à la Fondation du CHU Sainte-Justine, où il est né. En 2018, les profits étaient plus importants et il a remis 750 $ à la Fondation les petits trésors, qui dédie son action exclusivement à la santé mentale des enfants et des adolescents au Québec.

Une rencontre déterminante

Sa rencontre avec Sylvie Lauzon, directrice générale de la deuxième fondation, a amené Benjamin à illustrer des slams par ses dessins.

« Elle a découvert que Benjamin est dans la classe de Bruno (Desjarlais, à l’école secondaire de Mortagne), l’ancien professeur de son fils, à qui il avait fait découvrir le slam. Elle a demandé à Benjamin si, pour le mois de l’autisme, il pouvait faire des dessins sur les textes de slam. Il a répondu qu’il allait essayer. C’est comme ça que le projet est venu au monde », explique Mme Roy.

Le jeune homme a donc illustré les créations de ses collègues de classe David Vallée (de Chambly), Lim Brunet, Marc-Antoine Bolduc et Willyam Boileau, ainsi que celle née d’un collectif.

Bénéfique

Sa mère souligne que ses dessins apportent beaucoup à Benjamin. « Ça a ouvert des discussions avec lui, fait naître la fierté d’avoir réussi et c’est sûr que ça a aidé pour son estime », indique-t-elle.

Elle ajoute que les dessins ont aussi permis à son fils d’« évacuer des frustrations non dites ».

Benjamin tire même une morale de son histoire, qu’il veut transmettre aux autres. « Tout le monde a un talent particulier et je veux inspirer les gens à trouver le leur! Voici mon message : SVP, n’ayez pas peur des personnes qui sont autistes; nous ne sommes que différents. De toute façon, nous sommes tous différents. J’ai des rêves et je veux les réaliser », a-t-il écrit dans un message que sa mère a envoyé au Journal.

Posart

Benjamin est l’artiste du mois de mai dans le projet Posart de POSA/Source des monts. Lui et ses amis slameurs participeront au vernissage le 8 mai. Ses œuvres seront exposées ensuite et accessibles au public lors des heures d’ouverture de l’organisme jusqu’au 7 juin.

Les textes des slameurs feront également partie de l’exposition.

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