Après les mots, les actions

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Par Jean-Christophe Noël
Après les mots, les actions
Yves-François Blanchet lors de son passage à Beloeil. (Photo : Chloé-Anne Touma)

Récemment élu, pour une seconde fois, député de Beloeil-Chambly et chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet est prêt à passer à l’action. Le journal l’a rencontré quelques jours après son élection.

Le chef a amassé 53 % du scrutin dans la circonscription, soit 3 % de plus qu’en 2019. « Quand tu reviens une deuxième fois et que ça augmente, c’est apprécié. C’est ironique, car j’ai l’impression d’avoir passé les deux dernières années en campagne électorale. J’ai réglé mes dossiers de comté, mais ce n’était pas le niveau d’engagement dont j’aurais eu envie », soutient l’homme politique, qui voit les années à venir comme une possibilité de rattraper le temps.

Dans la circonscription, il porte un intérêt particulier pour tous les dossiers liés à la rivière Richelieu. « Que l’enjeu soit purement environnemental, le barrage Fryer, les plantations d’arbres à développer pour les enjeux d’érosion des berges, c’est important », énumère le chef du Bloc. Il souligne également souhaiter mettre en place plus de civisme quant à la vitesse.

La pénurie de main-d’œuvre, dossier pouvant être traité nationalement et localement, demeure préoccupante pour lui, particulièrement auprès des travailleurs spécialisés. « Imaginez si les entreprises ne trouvent pas de simples manœuvres au quotidien, qu’en sera-t-il pour des travailleurs hautement qualifiés? Il n’y en a pas, présentement au Québec, de disponibles. C’est un angle que je veux développer », avance-t-il en mentionnant au passage qu’il compte aider les petites entreprises du territoire fragilisées par la COVID-19.

Les heures de pointe à Chambly et à Carignan alourdissent le quotidien des travailleurs. Bien que les dossiers d’infrastructure municipale de transport relèvent de Québec et des municipalités, le député fédéral a son mot à dire. « Notre travail est de nous assurer qu’Ottawa verse les sommes qui sont sa responsabilité sans essayer de s’ingérer dans les juridictions de Québec », répond le député, questionné quant à sa vision du transport collectif.

Pour le Québec, le Bloc québécois s’attardera à une série de dossiers. « Ça va du financement des soins de santé en passant par les traitements des aînés et leur fonds de pension. Ma fixation personnelle est la transition économique et écologique. Je suis convaincu que l’on peut créer plus de richesses en conciliant l’environnement et le développement économique. »

Présence sur le territoire

Des citoyens se sont questionnés sur la fréquence de la présence physique à même la circonscription du député depuis qu’il a été élu en 2019. « Personne ne peut se permettre d’évaluer la présence des autres dans un contexte de pandémie où tu ne peux pas sortir de chez vous. Et je suis venu pareil pendant la pandémie. Quand on n’est pas dans un contexte pandémique, mon niveau de fréquence est hebdomadaire », réplique M. Blanchet.

Collaboration

M. Blanchet entend collaborer avec les gouvernements provincial et fédéral. « Au Québec, ça a toujours bien été. Je ne m’attends à aucun changement. Quand ça sert l’intérêt du Québec, tout le monde devrait être capable d’avoir des positions conciliables. Avec mes vis-à-vis de l’Assemblée nationale, les contacts sont cordiaux et j’apprécie. »

Du racisme envers le Québec

Lors du débat anglophone, la modératrice Shachi Kurl avait posé une question au chef du Bloc, semant la controverse. Elle avait soulevé les projets de loi 96 et la Loi 21, « qui marginalisent les minorités religieuses, les anglophones et les allophones ». « Je vais rencontrer tous les chefs de parti pour voir si l’on peut passer par-dessus les querelles passées et construire une manière de faire fonctionner le Parlement. Les Canadiens et les Québécois ont dit ‘’vous allez devoir vous entendre’’. »

« Arrogant et baveux »

Pendant la campagne, le chef du Bloc a été associé à des qualificatifs, tels « arrogant et baveux ». « J’aime mieux être exposé à ça et dire la vérité sans apprendre de phrases par cœur. Des fois, ça peut être direct. Quand tu dis à quelqu’un quelque chose qu’il n’a pas envie d’entendre, ça se peut qu’il dise que tu es arrogant », précise-t-il.

« Fais-toi pousser une colonne »

Lors d’une discussion sur le troisième lien pendant le débat francophone, M. Blanchet a lancé à Justin Trudeau une phrase qui a fait réagir, soit « Fais-toi pousser une colonne ». « C’est une phrase que j’utilise depuis des années, mais j’aimerais mieux que l’on ne fasse pas ça. Je l’ai fait. Mais le premier ministre s’est fait susurrer des insignifiances disant que l’on aurait annulé trois BAPE (Bureau d’audiences publiques sur l’environnement). Il n’avait aucune idée de quoi il parlait. Si l’on me reproche quelque chose, on doit pouvoir le définir. »

Yves-François Blanchet retient de ces élections que, cette fois, il aura un nombre d’années plus « normales » pour travailler et il envisage faire évoluer ses dossiers sur du plus long terme.

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