Apprendre à tricoter au centre jeunesse pour les défavorisés

Apprendre à tricoter au centre jeunesse pour les défavorisés

Les garçons du campus de Chambly du Centre jeunesse de la Montérégie et leurs éducatrices ont eu la piqûre pour le tricot.

PASSE-TEMPS. Assis autour d’une table avec leurs éducatrices, quelques garçons du campus de Chambly du Centre jeunesse de la Montérégie tricotent des tuques pour bébés. Le fruit de leur travail de plusieurs heures sera livré dans les CLSC de la région afi

Le tricot a fait son entrée au centre jeunesse il y a deux ans. Un jeune homme, qui se trouvait là après avoir eu des démêlés avec la justice, a commencé à tricoter des pantoufles avec des broches pour gérer son anxiété.

« Il avait un long processus de tribunal qui s’en venait et quand il tricotait, il ne pensait à rien d’autre », explique l’éducatrice Sophie Lacourse.

Lorsque les jeunes ont voulu aménager une terrasse dans la cour intérieure, l’occasion s’est présentée de transformer l’activité en moyen de financement. Les pensionnaires, qui considéraient au départ le jeune homme comme un extraterrestre, ont tricoté une soixantaine de foulards.

Considérant l’intérêt pour ce passe-temps, les éducatrices ont donc, par la suite, décidé de consacrer la quatrième période de la journée au tricot plutôt qu’aux jeux de société.

Donner au suivant

Afin de faire profiter ce travail à la société, les éducatrices ont opté pour des tuques pour bébés dédiés aux familles dans le besoin. De cette façon, les jeunes contrevenants posent un geste significatif qui leur est bénéfique.

« Il y a un impact sur leurs émotions et une prise de conscience qu’ils redonnent à la société, mentionne Mme Lacourse. Ce n’est pas facile au départ de dire qu’ils ont fait ça gratuitement, mais après, ils voient que ça profite à quelqu’un. »

Au fil du temps, les jeunes réalisent aussi toute l’importance du projet et l’impact qu’il a sur leur vie.

« Je trouve que c’est un bon projet, car on peut dédommager la société pour nos délits. On peut se sentir fier, car on fait quelque chose de bien », déclare Samuel*.

Lors du passage du ˂I˃Journal de Chambly˂I˃, il se faisait coiffer, car il devait participer à une livraison de tuques le lendemain et il se sentait choyé.

Des cadeaux pour leur famille

Un peu avant Noël, les garçons ont commencé à tricoter des tuques pour adultes afin de les vendre aux membres du personnel et pour en offrir à leur famille.

« J’ai décidé d’en faire pour moi et pour ma famille », lance Jérémy* tout joyeux.

Les garçons ont tellement développé la piqûre qu’ils apportent parfois leur tricotin dans leur chambre pour continuer leur projet. Certains espèrent même poursuivre l’expérience en dehors du centre jeunesse.

« J’aime ça, car je vais pouvoir tricoter avec ma grand-mère en sortant », souligne avec enthousiasme Samuel*.

Entre temps, les éducatrices songent à d’autres créations que les jeunes pourraient réaliser.

*: Nom fictif pour préserver l’anonymat