Alexandra Labbé, candidate indépendante à Chambly

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Par Frédéric Khalkhal
Alexandra Labbé, candidate indépendante à Chambly
Alexandra Labbé, candidate au poste de mairesse à Chambly. (Photo : courtoisie)

Alexandra Labbé, mairesse sortante de Chambly, se porte candidate à sa succession. Elle répond aux questions du journal dans le cadre de la campagne municipale.

Il y a eu une vague d’indépendants qui se sont inscrits à cette campagne à Chambly. Est-ce que c’est l’équipe d’Alexandra Labbé?

Moi, je suis bien agréablement surprise de cette vague de candidature d’indépendants. J’ai eu le bonheur d’avoir plusieurs appels, des gens qui n’avaient pas forcément un intérêt pour la politique municipale avant et qui m’ont vue aller dans les deux dernières années et qui m’ont dit qu’ils voulaient travailler avec moi. Pour moi, c’est la meilleure des payes. Je reste très indépendante, dans le sens que je n’ai conseillé qui que ce soit pour leur programme. Mais je ne pourrai pas refuser à un candidat qui part de zéro et qui voudrait que je l’aide. J’aime ça, travailler avec les gens.

Est-ce qu’une Ville, ça prend un parti politique?

J’ai entendu les deux. Ceux qui voulaient être indépendants et d’autres qui voulaient avoir la force d’un parti derrière eux pour leur donner la validité de leurs actions. Il faut dire que la beauté du municipal, c’est qu’il est accessible à tous. Il faut avoir l’envie de représenter son monde. D’être à l’écoute et de retrousser nos manches. Le reste, ça s’apprend.

Vous avez eu un mandat particulier de deux ans en tant que mairesse, en avez-vous un bilan à retirer?

Tellement! Ce n’est pas qu’un bilan, c’est une histoire. Je me compare à d’autres villes. J’ai été dans un contexte de tutelle, d’enquête qui n’est pas terminée. J’ai dû non seulement apprendre mon travail, j’ai dû le faire sous tutelle. Il ne faut pas négliger non plus que l’on a eu autour de la table des élus complètement inexpérimentés, qui sont arrivés à mi-mandat comme moi. On s’est tous lancés là-dedans sans se poser de questions, mais le défi est relevé. En me retournant, je suis impressionnée par ce que l’on a fait.

Dans cette urgence, peut-on se fixer des objectifs?

C’est sûr qu’il faut laisser tomber des objectifs. À un moment donné, il faut revenir à la base et se demander ce qui est livrable. Mais je n’ai même pas eu le temps de présenter des projets. Le programme de 2017, est-ce que je pouvais le faire en deux ans? Surtout pas avec une pandémie. On a mis des affaires de côté. On savait que tout allait être au ralenti, mais tout n’a pas été aussi au ralenti que ça.

Cette phase de transition de deux ans a-t-elle été bénéfique pour la tranquillité de Chambly où y a-t-il encore un dysfonctionnement au sein de la Ville?

Il y a une page que l’on n’a pas encore tournée, car nous n’avons pas encore la fin de l’histoire. Après la première année, c’est quelque chose que j’ai mis délibérément de côté, car je n’ai plus rien à donner là-dedans. Il y a encore des demandes et des informations à donner à des enquêteurs. Quand on sera en mode procès, il y aura toute une autre façon de procéder, car il faudra libérer des gens pour témoigner. Il y a d’autres choses qui s’en viennent, je le sais, mais je ne peux pas passer mon temps là-dessus parce que j’ai une Ville à gérer. Il y a des comportements, que l’on a dénoncés et que l’on s’était juré de ne plus revoir, qui reviennent. Parfois, la politique, ça reste la politique. Je ne vise rien ni personne, mais la définition même d’un parti, c’est avec moi ou contre moi.

Vous avez été élue mairesse alors que vous étiez membre d’un parti politique. Très vite, vous êtes devenue indépendante, est-ce que ça fait de vous une personne qui ne partage plus les mêmes idées que ce parti politique?

J’ai relu ma lettre de démission du parti et je ne regrette aucun des mots utilisés. Derrière tout cela, je n’ai jamais désavoué les valeurs ou les idées qui m’ont amenée en politique. Je n’ai jamais dit de mon équipe que l’on n’était pas à la même place. J’ai réalisé, même avec toute la bonne volonté, qu’en étant la mairesse d’un parti, je ne pouvais pas être la mairesse de toute une population. Je ne pourrai jamais l’être. En étant mairesse de Chambly, mon équipe, c’est le conseil municipal. C’est là que ça ne marchait plus, car j’avais des comptes à rendre à des membres d’un parti. Pour moi, c’est là où ça ne fonctionne plus. Je ne pouvais pas m’en rendre compte jusque-là, car je n’avais jamais été mairesse. Si cela avait été une question d’en avoir contre cette équipe, je serais en train de parler de mon nouveau parti. Je n’en ai pas et je n’en aurai pas. On n’est plus dans le même contexte aussi, maintenant. De dire que l’on n’a plus l’information, de dire que l’on ne peut pas participer aux discussions, de dire que la mairesse a empêché quoi que ce soit, c’est de la fantaisie, cela n’existe pas.

Pourquoi êtes-vous adversaire avec Démocratie Chambly?

Moi, je n’ai de conflit avec personne. J’arrive en réunion de travail avec toute l’ouverture du monde. Un des beaux témoignages que j’ai eus, c’est celui de M. Ricard, qui m’a dit que, pour une fois, les décisions que j’ai prises, je suis capable de les expliquer, car je les ai eues, les informations. Je pense qu’il y a certains élus qui ne prennent pas leurs décisions, mais ça, je ne peux pas vous dire pourquoi. Je peux juste justifier les décisions prises par le conseil. Je ne peux pas vous expliquer pourquoi cela revire de bord à la dernière seconde. Je ne peux pas vous dire qu’après dix mois de travail, il y en a qui disent qu’ils n’ont pas été consultés. À part vous dire en boucle que ce n’est pas vrai…

Vous êtes élue demain, quelle est la priorité?

Cela va être un beau quatre ans. On a fait un beau ménage pour travailler différemment. On a amorcé plusieurs études, on a le plan directeur des espaces verts et infrastructure sportive en décembre, l’étude de circulation qui va se faire cette année, on aura le loisir de planifier ce qui s’en vient dans les 20 à 30 prochaines années à Chambly. Il va falloir trouver des sources de financement. Ce sont de beaux défis de planification. C’est trop tôt de dire précisément ce qui va se concrétiser. La priorité sera les enjeux autour du golf, surtout l’enjeu de circulation. L’autre priorité qui est à tous les paliers, c’est l’urgence climatique. C’est quelque chose que j’ai toujours en tête. Que fait-on de l’ancien golf?

Qu’espérez-vous de cette campagne?

Qu’elle reste propre. Qu’elle permette aux gens de s’intéresser à tout cela. Que n’importe qui peut venir y travailler. J’espère qu’il y aura de belles nouvelles idées. Je n’arrive pas avec un programme qui met de grosses promesses en gros néons fluo, car je suis très ouverte à ce que la population souhaitera voir naître comme projets. On a des conseillers qui auront beaucoup de choses à apporter dans leurs districts.

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