Agriculteur : un métier modernisé

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Par Julien Dubois (Initiative de Journalisme Local)
Agriculteur : un métier modernisé
Le drone fait aussi partie des nouvelles technologies chez la ferme Tétreault. (Photo : Courtoisie)

Réjean et Mario Tétreault cultivent le maïs, le soja et le blé sur leurs terres à Saint-Mathias. Cultivateurs depuis trente ans, ils ont vu leur profession nettement évoluer au cours des dernières années.

Grosse averse, il est 14 h à peine. « La journée est finie, sourit Réjean Tétreault, cultivateur à Saint-Mathias avec son frère Mario. Le maïs ne se récolte pas lorsqu’il pleut fort. La terre devient boueuse et c’est compliqué de ramasser. La météo nous mène et cela est vrai depuis toujours. » Pourtant, la profession a bel et bien changé depuis que les deux hommes ont repris l’activité une trentaine d’années auparavant.

Des hommes d’affaires

« Mon tracteur, c’est mon bureau maintenant, plaisante le cultivateur. Avec les nouvelles technologies et les GPS, les tracteurs se conduisent seuls. Cela me permet de faire des appels ou de gérer d’autres choses tout en étant assis dessus. » Pour gérer l’entreprise, Réjean Tétreault ne compte que sur lui-même et son frère. « Cela demande du temps, mais au moins, on sait où nous allons. Je m’occupe de la comptabilité. La négociation des prix du grain? On s’occupe nous-mêmes d’appeler les clients. Ce sont souvent de grandes chaînes. Nous ne savons pas toujours si la décision que nous prenons est la bonne. Il se peut qu’un événement dans le monde, comme la guerre en Ukraine, par exemple, puisse bouleverser la loi de l’offre et la demande. Il se peut aussi que je passe énormément de temps au téléphone pour négocier les prix. L’art de la négociation est incontournable aujourd’hui dans notre profession. Je passe autant de temps à cultiver qu’à gérer l’entreprise. »

Aujourd’hui, les deux frères se considèrent comme des hommes d’affaires. « Nous le sommes devenus par expérience, poursuit Réjean Tétreault. Les entreprises qui survivent dans notre domaine sont de grosses PME. La machinerie a fait beaucoup pour cela. C’est très difficile, voire impossible pour les jeunes qui veulent se lancer maintenant. Il faut d’abord acheter une terre. Les prix ont été multipliés par 18 par rapport au début des années 90. D’ailleurs, les taux d’intérêt vont faire mal cette année. »

Alors que la saison du maïs durera jusqu’à Noël, le professionnel de 56 ans est pour le moment satisfait de la moisson 2022 : « C’est une bonne récolte. Nous n’avons pas souffert de la chaleur comme les saisons précédentes. On veut toujours la saison parfaite au niveau du climat avec le prix parfait. Mais on ne peut pas toujours tout avoir. »

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