Un péril financier

La clinique Pro-Santé accuse un lourd déficit qui ne sera pas tari si la Ville diminue de moitié sa subvention comme annoncé. Les deux parties devraient régler leurs comptes lors du conseil municipal du 7 mars.

Le fossé est immense. « On accuse des dettes à hauteur de 1,8 million de dollars, regrette Michèle Frégeau, administratrice de la clinique Pro-Santé. On a fait des projections lors du lancement, mais la pénurie de main-d’œuvre, la pandémie et d’autres impondérables ont changé les plans. Si la Ville tient à réduire sa subvention de 50 %, nous perdrons 110 000 $ sur notre budget annuel et nous fermerons les portes. »

Une situation qui était loin d’être prévue au démarrage. « La Ville avait acheté le bâtiment en 2014 pour offrir un service de santé aux habitants, poursuit l’administratrice. La bâtisse est gérée par des bénévoles. Moi-même, j’ai repris le projet en 2019 lorsque je suis arrivée à la retraite. Je donne vingt heures par semaine et la situation que nous traversons me fait penser que notre bénévolat n’est pas bien considéré. Nous n’avons rien contre la Ville, mais nous sommes plutôt pour les citoyens! »

Une subvention divisée par deux

Au début du projet, la Ville y apportait son soutien à hauteur de 10 $ par habitant annuellement. Lors de l’assemblée de décembre 2022, il a été voté le retrait de la moitié de ce budget pour 2023. « En 2015, le conseil municipal s’était engagé sur trois ans, rappelle la mairesse Caroline Gagnon. Le but était de soutenir l’organisme durant ses premières années de démarrage, le temps que l’organisme puisse recruter des médecins qui, par leurs loyers, assumeraient éventuellement les frais et les coûts d’exploitation. Lorsque l’entente est arrivée à terme, en 2018, l’organisme n’avait pas été en mesure de recruter suffisamment de médecins, sans faute de leur part, pour assurer un revenu suffisant. Le Conseil a alors reconduit la subvention pour une année. »

La même subvention a ainsi continué au fil des années suivantes, qui ont été évidemment perturbées par la pandémie. La mairesse continue. « La demande de l’organisme est revenue pour 2019, 2020 et 2021. À la fin de 2021, l’objectif du nombre de médecins était atteint, mais pour permettre à l’organisme de bien se déposer dans cette nouvelle réalité d’autonomie financière, le conseil a décidé de quand même continuer de verser la subvention complète pour l’année 2022. »

Pour justifier la décision municipale, Caroline Gagnon pointe la gestion du projet afin de contester une pétition qui circule actuellement. « Administrateurs, expliquez aux citoyens pourquoi la progression de l’organisme semble de plus en plus élusive? Moi, je le sais, mais ce n’est pas à moi d’aller exposer toutes les erreurs passées et les conflits internes actuels. C’est à vous d’être honnêtes avec la population et de leur présenter toute la vérité. »