Marieville : s’occuper des sinistrés après l’incendie
Le monde communautaire possède diverses solutions pour aider les personnes en difficulté. C’est aussi le cas des personnes rescapées du récent incendie de Marieville.
Pas de temps pour l’émotion. Afin d’aider les personnes qui ont tout perdu lors de l’incendie du 2 janvier à Marieville, le communautaire se met en mode « solutions ». Nathalie Ménard, dont le fils Jeffrey Harbour, 30 ans, déclaré autiste et qui doit quasiment repartir de zéro, a accueilli ce dernier dans son foyer et cherche des moyens de retrouver sa vie avant le drame. « Il est revenu dormir chez moi en attendant de trouver mieux. Il était heureux dans cet appartement, où il vivait depuis plus de cinq ans. De mon côté, ma vie est aussi chamboulée, car je dois le conduire et le chercher au travail à Marieville, alors que j’habite dans le sud de la Montérégie. On est prêts à faire les efforts, mais pour le moment, on ne voit pas le bout du tunnel. »
L’une de ses priorités est donc de trouver un logement pour son fils dans la région de Marieville. « Je pensais trouver rapidement, mais c’est difficile, car ses ressources financières sont limitées, explique-t-elle. Le propriétaire de l’immeuble qui a brûlé avait vraiment bon coeur. Il proposait un 2 1/2 à 550 $ par mois. On se retrouve maintenant avec un gros problème. »
Soutien matériel et psychologique
Le matériel est une chose. Le traumatisme en est une autre. Nathalie Ménard revient sur les affaires perdues dans le drame qui a causé deux morts. « Jeffrey a vu tous les objets le reliant à son père, aujourd’hui décédé, évaporés. Il aime aussi les déguisements, mais les siens ont tous brûlé. Tout ce qu’il avait, il l’avait acquis par sa volonté.
Il veut se montrer fort, face à moi, pour me préserver, mais je sais qu’à l’usine, il a parfois des moments d’émotion. »
Dans ce cas, le Centre d’action bénévole (CAB) La Seigneurie de Monnoir, à Marieville, peut soutenir la famille. « On peut offrir du soutien alimentaire, des vêtements et tout ce qu’il peut y avoir dans une maison, précise Johanne Audet, directrice générale de l’organisme. Pour les services que l’on ne peut pas offrir, on fonctionne par référencement. »
Assurances
Le CAB entretient des relations avec les autres organismes. « En général, le Centre local de services communautaires (CLSC) fait affaire avec nous, poursuit Johanne Audet. D’ailleurs, c’est aussi le CLSC qui offre du soutien psychologique. »
À Chambly, l’organisme Aux sources du Bassin peut aussi aider de la même manière que le CAB à Marieville. « Lorsqu’un sinistre arrive, nous proposons de l’aide où l’assurance n’est pas, précise Nathalie Boucher, codirectrice de la structure. Si les gens sont assurés, nous les soutenons en leur offrant des vêtements d’urgence. Souvent, ils sont logés à l’hôtel et les factures quotidiennes sont assumées par les assurances. Donc, on ne s’en mêle pas, sauf si la situation s’éternise et que les limites de l’assurance sont atteintes. Alors là, nous compensons. »
Plus compliqué, lorsque les sinistrés n’ont pas d’assurance. « Alors là, on fait tout ce que l’on peut pour aider en termes de vêtements et de nourriture, poursuit Nathalie Boucher. Concernant le logement, on réoriente vers l’Office municipal d’habitation. »
L’enquête sur le drame de Marieville, bien qu’elle ne soit pas aboutie, assure que l’origine de l’incendie n’est pas criminelle.
