Ancienne députée de Chambly

Semaine nationale des journaux : Louise Beaudoin et sa relation avec les médias

Louise Beaudoin, députée de la circonscription de Chambly de 1994 à 2003, puis de Rosemont de 2008 à 2012, a été au cœur de plusieurs campagnes électorales. L’ancienne politicienne a composé avec les médias régionaux et nationaux.

Quand les campagnes électorales s’amorçaient, est-ce que les médias faisaient partie de la discussion, et s’imbriquaient-ils dans votre stratégie?
Le Journal de Chambly, c’est très important. J’ai toujours pensé que les journaux régionaux, dans une circonscription, c’est essentiel. Je le lisais d’une page à l’autre. C’était central. Je voyais ce qui se passait dans la circonscription. C’était un outil d’information et de communication extrêmement important.

Est-ce que des médias vous ont servi ou desservi à travers ces campagnes? De quelle façon?
C’est pour ça que c’était important pour moi de lire ce qui était écrit dans le journal : les nouvelles, les commentaires, etc. C’est important parce que les journaux nationaux te donnent une vision plus ou moins réelle. Mais le journal local, il est ancré dans la communauté, alors je m’en servais beaucoup. Honnêtement, ils (journalistes de Chambly) faisaient bien leur travail, de façon honnête et objective, comme de vrais journalistes, et non pas comme des influenceurs.

En général, avez-vous déjà eu l’impression d’avoir affaire à un média/journaliste qui n’était pas neutre et comment avez-vous géré la situation?
Oui. La façon dont on gère ça, c’est qu’on est prudente. De toute façon, quand on est députée ou ministre, on pèse ses paroles. Il le faut. La façon dont je concevais la politique, ce n’était pas dans l’hostilité. Je n’ai jamais cru qu’on devait s’attaquer les uns et les autres, au contraire, être positifs. Je sentais quelques billets teintés, plus au niveau national. Quand on est ministre, ils (journalistes) sont à Québec à l’Assemblée nationale. Rapidement, on sait qui est qui et qui fait quoi. On ajuste. Je ne me souviens pas avoir eu ce sentiment avec le Journal de Chambly. Je trouvais qu’ils faisaient de la bonne information et une bonne couverture de ce que je faisais dans la circonscription.

En vient-on qu’à développer une relation professionnelle avec certains journalistes envers lesquels on se tourne plus naturellement pour livrer de l’information?
Oui. Comme vous dites, une relation professionnelle peut se développer, mais une relation personnelle aussi. On est tous des humains. J’ai des amis qui sont journalistes. Maintenant, je ne suis plus en politique, mais, même quand je l’étais, j’avais quelques amis. On faisait attention quand même. On parlait d’autres choses. L’amitié existe avant, pendant et après. Quand tu as des amis avant de te lancer en politique, ils demeurent des amis malgré tout. On n’arrête pas de se voir pour autant. Ce n’était pas le cas à Chambly même. C’était une relation très sympathique en général, je dois le dire. Je les aimais et je pense qu’ils m’aimaient bien aussi.

« J’ai toujours pensé que les journaux régionaux, dans une circonscription, c’est essentiel. » – Louise Beaudoin

Sur l’ensemble de votre carrière en politique, quel regard portez-vous sur cette relation entretenue avec les médias?
Je vais vous dire que c’est plus compliqué maintenant que ce l’était à mon époque. Il n’y avait pas ces réseaux sociaux. Je n’ai pas vécu ça, sauf à la toute fin, à l’opposition, dans Rosemont. Il y avait aussi un journal local et on s’entendait bien, mais avant 2003, il n’y avait pas ce torrent de réseaux sociaux qui nous abreuvent de bonnes et de mauvaises nouvelles. Je ne suis pas sur les réseaux sociaux. J’ai un Facebook mais ça doit faire deux ans que j’y vais à peine. Quand je lis les commentaires, je me demande comment on peut vivre avec ça sans se décourager. C’est dur et c’est violent verbalement. C’est un autre monde.

Avez -vous suivi la campagne électorale dans la circonscription de Chambly, ou de façon globale? Quel regard portez-vous sur celle-ci?
C’est avec cinq partis, c’est déjà autre chose. Je suis allée dans mes deux anciennes circonscriptions, à la demande des candidats du PQ. Ma contribution a été celle-là. Pour moi, ce sont des retrouvailles formidables. C’est sûr que je suis un peu ce qui se passe dans Chambly, mon comté de cœur, que j’ai choisi en 1994 avec M. (Jacques) Parizeau. J’ai été heureuse dans Chambly. Je sais que c’est serré.