Sauver sa vie avant celle des autres
Le corps du pompier dont l’embarcation a chaviré hier soir lors d’une opération de sauvetage dans le fleuve Saint-Laurent a été repêché ce matin.
« C’est toujours un choc. Sans se remettre en question, ça fait réfléchir relativement aux risques que nous courons », exprime Steve Paradis, commandant-Unité 16-Vallée du Richelieu pour la Garde côtière auxiliaire canadienne, qui a participé à environ 55 missions et secouru au-delà de 130 personnes en 2021 sur le territoire qu’il patrouille, incluant la rivière Richelieu et le bassin de Chambly.
En quatre ans à ce poste, l’homme n’a pas côtoyé la mort. Il fait toutefois référence au tragique accident de motomarine survenu sur le bassin Chambly en 1997 alors que deux enfants avaient perdu la vie. « Je continue à espérer que ça se maintienne. L’objectif à la base, c’est de maintenir la vie de nos membres et notre embarcation à flot, et, après, s’occuper des autres », rappelle M. Paradis.
Chaque mission comporte sa part de risque. Quand un appel d’urgence est placé, l’équipe de Steve Paradis entame sa réflexion quant à sa façon d’intervenir dès le déplacement vers la mission et prépare d’emblée un plan de match. Des rôles sont alloués afin que nul n’empiète sur l’autre. Bien qu’une fois sur les lieux de la mission une analyse rapide et concise soit de mise, l’improvisation est à éviter autant que faire se peut.
Lors d’un événement dramatique, les membres de la Garde côtière auxiliaire canadienne ont accès à une aide pour traiter le choc post-traumatique envisageable. « Un support psychologique existe si jamais un membre était affecté », mentionne M. Paradis. Cet été, sur la bassin de Chambly, deux individus avaient été grièvement blessés lors d’un accident de motomarine. « Un de mes membres avait été sonné. Il avait trouvé l’événement difficile. Je lui ai demandé s’il voulait aller plus loin dans sa démarche d’aide. En fin de compte, pour se sécuriser, il a voulu avoir des nouvelles de l’état de santé des gens pour clore son dossier », termine le commandant.


