Sainte-Césaire : un retard à prévoir concernant le projet éolien
Le projet Boralex, qui compte installer plusieurs éoliennes à Sainte-Angèle-de-Monnoir et à Saint-Césaire, avait prévu une mise en route pour 2027, mais un règlement municipal voté par Saint-Césaire pourrait bien retarder l’ensemble du processus.
La Coopérative d’électricité de Saint-Jean-Baptiste et son partenaire Boralex poursuivent le processus instauré par Hydro-Québec afin d’obtenir une décision validant les intentions de différentes instances concernant le projet éolien Monnoir et installer finalement des éoliennes à Saint-Césaire et à Sainte-Angèle-de-Monnoir.
Alors qu’Hydro-Québec a récemment annoncé l’ouverture d’appel d’offres pour 2027, 2028 et 2030, Damien Tholomier, directeur général de la Coopérative d’électricité de Saint-Jean-Baptiste, attend le développement de son projet. « On a déposé notre étude d’impact environnemental et nous avons répondu à deux séries de questions. Maintenant, nous attendons l’avis de recevabilité du ministère de l’Environnement pour aller de l’avant. Ce dernier organisera une séance d’information publique pour évaluer aussi l’acceptabilité sociale du projet. »
Analyses
D’un autre côté, Damien Tholomier doit valider l’emplacement de ses éoliennes. Le parc devrait avoir une capacité de 100 mégawatts grâce à 15-20 éoliennes, dont entre trois et cinq seraient implantées sur le territoire de Sainte-Angèle-de-Monnoir. Pour obtenir l’autorisation de construire, le directeur général doit avoir aussi l’accord de la CPTAQ (Commission de la protection du territoire agricole du Québec). « Nous sommes situés en terres privées et agricoles. Nous avons fait une demande qui est en cours d’analyse par la CPTAQ. D’ailleurs, on devrait avoir un avis préliminaire prochainement. »
Paysage
Si l’affaire suit son cours, un bâton s’est inséré dans les roues du projet. La Ville de Saint-Césaire a voté, en octobre dernier, la résolution 92-2005-85-1 qui a été proposée en conformité en janvier par la MRC de Rouville. Désormais, une éolienne commerciale ne pourra pas dépasser 80 mètres de hauteur, en incluant le mât et les pales, sur le territoire de la municipalité, alors qu’une éolienne standard atteint aujourd’hui 200 mètres de haut. « C’est très contraignant, assure Damien Tholomier. On doit retravailler notre projet et c’est assuré que nous aurons du retard par rapport à 2027, la date initiale. »
Sylvain Létourneau, maire de Saint-Césaire depuis octobre, revient sur cette décision. « Cela s’est voté avant mon arrivée. C’est une question de paysage. Il a été constaté que beaucoup de monde dans les réunions publiques contestait la hauteur des éoliennes et voulait garder son paysage. Il a été estimé que 80 mètres de hauteur était un beau compromis. »
Le projet éolien Monnoir est lancé officiellement depuis 2023. Il propose l’implantation d’éoliennes à Saint-Césaire, à Sainte-Angèle-de-Monnoir et à Sainte-Brigide-d’Iberville.
« Il existe une congestion de transport d’électricité par fils électriques dans le sens nord-sud au Québec, affirme Damien Tholomier. Ainsi, il faut des projets d’électricité à proximité des grands centres afin d’améliorer le réseau provincial et de le rendre ainsi plus résilient. »
