Sainte-Angèle-de-Monnoir : Denis Paquin tire sa révérence

Le maire de Sainte-Angèle-de-Monnoir, Denis Paquin, ne sollicitera pas de quatrième mandat au sein du conseil municipal, après un premier à titre de conseiller et les deux suivants à titre de maire. 

Après 12 ans au conseil municipal, Denis Paquin indique sentir l’effet du temps. « Quand je m’engage, je le fais à 100 % et je ne suis pas convaincu que j’aurais le même élan pour un autre quatre ans », admet avec lucidité l’homme de 66 ans. Il se dit conscient de l’énergie nécessaire demandée. « Il y a une certaine fatigue qui s’installe au fil des ans. Le rythme que j’ai toujours mené, je ne suis pas certain que je saurais le maintenir », explique-t-il au journal quant à ses motivations de céder son siège. 

Enjeu économique

Denis Paquin mentionne que l’enjeu principal de la Ville se situe en matière d’argent. Il fait notamment référence au projet du nouveau réservoir d’eau, qu’il souhaite voir se concrétiser, sur le chemin du Vide. « L’actuel réservoir est désuet, au bout de son espérance de vie », dit-il. Même en touchant la subvention du Programme de transfert pour les infrastructures d’eau et collectives du Québec, il révèle que plusieurs millions de dollars resteraient à financer. « Ces millions vont tomber sur la taxe foncière. C’est significatif », convient-il. Il ajoute qu’avec la réalité d’aujourd’hui, le chemin du Vide est à revoir. « On est chanceux. Il n’est jamais rien arrivé de fâcheux, mais quand un enfant s’en va au dépanneur et que passent les gros tracteurs, on retient notre souffle. »

Sur le plan économique, Denis Paquin rappelle le temps où Sainte-Angèle se positionnait avantageusement par rapport aux municipalités voisines. Il constate que ce n’est plus le cas. Il justifie ce changement de dynamique par la fermeture des deux gares. « Du temps où le transport se faisait principalement par voie ferrée, le village s’autosuffisait et rayonnait », se souvient-il. Quand le transport par camion a pris son essor, les municipalités avoisinantes ont récupéré les activités économiques.

Plus de 95 % du territoire de Sainte-Angèle est agricole. « Agrandir le périmètre urbain, c’est un défi de dézonage, répond-il à ceux qui demandent pourquoi la Ville ne développe pas davantage. On ne sera jamais 5 000 habitants. »

Se rapprocher de la communauté

L’un des souhaits qu’avait en tête Denis Paquin quand il s’est présenté à la mairie, c’était de se rapprocher de la population. « Je considère qu’on l’a réalisé », estime le maire. Il juge cette volonté avec ironie en raison de la population de moins de 2 000 habitants. « Je trouvais que l’on était loin du monde et je me l’expliquais mal, parce que l’on est une petite communauté », remarque-t-il. Le développement des réseaux sociaux, puis la mise en place de séances publiques, pour expliquer le budget annuel et effectuer un retour sur l’année, ont contribué à développer cette proximité. « Il n’y a pas un sou que tu ne sais pas d’où il arrive et il n’y en a pas un que tu ne sais pas où il s’en va. »