Saint-Mathias-sur-Richelieu : une réduction de vitesse contestée

Des Mathiassois se plaignent de la réduction de la vitesse permise dans certains rangs de campagne. En juillet dernier, la Municipalité a adopté une baisse de 70 km/h à 50 km/h. 

La vitesse maximale permise est passée de 70 km/h à 50 km/h sur certains chemins de Saint-Mathias-sur-Richelieu. Il est question des chemins du Cordon, de la Pointe-de-Chemise, des Épinettes et des Quarante. « Est-ce vraiment nécessaire? C’est exagéré pas mal », estiment des usagers de ce secteur.

« Ça minait leur quiétude. » – Sylvain Casavant

Une pétition qui a du poids

Sylvain Casavant, maire de Saint-Mathias, lie cette décision à une pétition signée par une trentaine de citoyens du secteur. « Ils considéraient que ça roulait beaucoup trop vite et qu’il y avait un niveau de danger élevé. Ça minait leur quiétude », décrit le maire.

Il fait part au journal que la mesure vise à apaiser la circulation dans ces secteurs et à mieux protéger l’ensemble des usagers, notamment les piétons et les cyclistes. « On vient minimiser les risques de collisions avec d’autres véhicules », soutient M. Casavant. Il confirme recevoir des commentaires, au sujet de la réduction, de la part d’agriculteurs locaux ainsi que d’utilisateurs de ces chemins qui, eux, demeurent ailleurs que dans la ville. « Ils les utilisent en guise de raccourci pour se rendre chez eux. Ce ne sont pas des résidents », dit M. Casavant. L’option de ne diminuer que des tronçons a été soulevée. « Pour simplifier la chose, on met tout à 50 km/h. Ça devenait trop compliqué. Il n’y a pas d’inconvénient autre que le temps est plus long », répond le maire.

Pas de consultation publique

Il n’y a pas eu de consultation publique à ce sujet. « On a été sollicités par les résidents. On ne voulait pas avoir une multitude de réponses pour des gens qui l’utilisent mais qui n’y vivent pas », justifie Sylvain Casavant. Un résident du secteur fait savoir son mécontentement. « Avoir une vitesse de 50 km/h dans des rangs de campagne identiques à traverser une ville est un non-sens stupide, pas économique, et n’apporte que de la frustration aux usagers qui vont pour le travail. N’oublions pas que le temps, c’est beaucoup d’argent à la fin du mois », estime Bernard Isabey, agriculteur qui demeure sur le chemin de la Pointe-de-Chemise. Pour appuyer ses dires, il mentionne avoir eu besoin d’un service de mécanique en déplacement. « Le coût horaire et de 204 $/h. Faire 12 km à 50 km/h au lieu de 70 km/h, c’est 15 $ fois 2 pour le retour (30 $) de plus sur ma facture, pour satisfaire quelques caprices. Ceux qui ont demandé cela vont-ils me rembourser? », questionne l’homme, qui a écopé d’une contravention depuis la mise en place de la nouvelle limite.