Saint-Mathias-sur-Richelieu : ce que disent les enfants au père Noël

Le père Noël Alexandre Piette de Saint-Mathias-sur-Richelieu, s’est installé au Mail Champlain de Brossard. C’est une relation privilégiée passagère qu’il vit, dans laquelle les enfants lui livrent, à leur façon, toutes sortes de mots.

Il s’agit d’une troisième année à titre de père Noël pour Alexandre Piette. L’homme, propulsé par l’agence Audace & Co – Agence créative 360, reçoit alors des confidences de toutes sortes.

LE vrai père Noël?

Ce qui revient le plus souvent, c’est la fameuse question à savoir s’il est « Le vrai père Noël ». Plutôt que de répondre, il retourne la question à savoir ce qu’en pense l’enfant. Habile pour improviser, Alexandre Piette a été pris de court pour une première fois dernièrement. « Le jeune m’a regardé dans les yeux et m’a dit  »Si tu es le vrai père Noël, dis-moi ce que tu écris chaque année dans la lettre que tu m’envoies ». » En plus de la question piège lancée par l’enfant, Alexandre Piette a eu droit à des parents qui se sont contentés de le regarder en silence afin de voir comment il se sortirait du marasme. « Comme s’ils étaient aussi curieux de ma réponse que l’enfant », observe-t-il en souriant. En patinant, il a demandé au jeune de lui rafraîchir quelque peu la mémoire, car il en écrit beaucoup, des lettres, le père Noël.

Des sujets reviennent de façon récurrente. À savoir où sont ses rennes, le Mathiassois répond qu’ils sont très timides et qu’ils sont partis se promener, sans doute pour grignoter tout ce qu’ils peuvent trouver. Avec sa ligne de bon vivant, le père Noël se fait questionner à savoir comment il fait pour passer dans la cheminée, ou encore il se fait indiquer par où il doit passer, étant donné qu’il n’y a pas de cheminée à la maison. « Ce sont des échanges qui me font toujours sourire », affirme M. Piette. Il s’est aussi fait suggérer qu’on lui rende visite au Pôle Nord. « Même si c’est drôle et léger, il faut parfois réfléchir très rapidement pour donner une réponse qui ouvre la possibilité sans rien promettre. Plusieurs questions surprises nécessitent une improvisation quasi instantanée », convient-il.

« J’ai presque cassé en deux, comme on dit. » – Alexandre Piette

Drôle de moment

Quand les enfants apportent un toutou ou une figurine (parfois un lutin farceur), Alexandre Piette demande s’il peut discuter un peu avec le jouet. Il le prend dans ses mains, parle avec, puis approche le jouet à son oreille et fait comme s’il lui révélait des secrets, en riant d’un  » Ho! Ho! Ho!  » ou en faisant les expressions d’un homme agréablement surpris. « Ça fait rire les personnes autour, puis je remets le jouet à l’enfant en mentionnant que le jouet m’a dit qu’il les aimait énormément et qu’il voulait rester avec eux aussi longtemps que possible », révèle-t-il. Lors de la prise d’une photo, une fillette lui a chuchoté un secret. « Je sais que tu aimes les biscuits encore plus que moi, père Noël », a-t-elle glissé à son oreille. Surpris, il lui a été difficile de rire en conservant la tonalité du personnage.

Moment magique

Lorsque les enfants lui font leurs demandes de cadeaux, Alexandre Piette leur offre ensuite de sonner la cloche de Noël. Il simule que ça enverra leurs demandes directement à son atelier, au Pôle Nord. Ainsi, les lutins peuvent en débuter la fabrication le jour même. « Ça crée de beaux moments, où même les parents sont touchés en voyant les enfants agiter la cloche avec un grand sourire », nous fait-il part. Un jeune d’une dizaine d’années, qui portait un chandail de superhéros, est venu le voir. La discussion a principalement tourné autour de ce sujet. Quand il est parti, il a fait quelques enjambées, puis s’est arrêté soudainement afin de se retourner « très sérieusement » vers le père Noël pour lui faire une déclaration spontanée : « Toi aussi, père Noël, t’es mon superhéros », raconte Alexandre Piette. Touché, il ajoute avoir eu besoin d’une légère pause pour reprendre sur lui. « J’ai presque cassé en deux, comme on dit. »

Dans un registre plus triste

Quand Alexandre Piette demande aux enfants ce qu’ils souhaitent pour Noël, certains ne demandent rien pour eux-mêmes. « Ils souhaitent simplement la santé pour un proche malade. C’est toujours des moments plus émotifs qui prennent de court », confie-t-il. Il rappelle alors qu’en tant que père Noël, il ne peut malheureusement pas leur offrir de solution directement. « Ce que je leur dis, c’est que même si les lutins ne sont pas capables de fabriquer de la santé, je rassemble toute la magie qu’il reste après la grande tournée de Noël pour l’épandre dans le ciel, dans l’espoir que ça puisse en faire profiter ceux qui en ont besoin. C’est ma façon d’envoyer des ondes positives », se résigne l’homme.

Alexandre Piette n’a pas encore eu à vivre ce genre de moments, mais il fait savoir que des homologues ont reçu, à titre de déclaration de la part d’un enfant, que ce dernier ne souhaitait pas retourner, par exemple, avec son père. « Si ça m’arrivait, j’aurais de la misère. On doit rester le père Noël là-dedans, mais il y a l’humain derrière, impuissant. Il faut demander aux lutins d’aller chercher la sécurité et essayer de voir s’il y a matière à agir », indique-t-il.

Pas que le mots

Au-delà des mots d’enfants, Alexandre Piette fait savoir que les actions parlent d’elles-mêmes. « Leurs regards brillants, leurs expressions, leurs sourires et la façon de chacun de s’agripper à notre bras, ça dépasse les mots pour refléter la magie », résume-t-il. Où il travaille, le Mathiassois affirme qu’environ une famille sur deux parle anglais. Il a ajouté une base d’espagnol à son arc pour communiquer minimalement dans la thématique des Fêtes. « Les parents, particulièrement, réagissent fortement », termine le père Noël polyglotte. C’est une vague déferlante d’amour et d’admiration qu’il reçoit quand il endosse ce rôle. Il s’en sert comme carburant. Il envisage d’habiter le personnage tant et aussi longtemps qu’il sera en mesure de le faire.