Rouville : s’investir pour les animaux

Une communauté de bénévoles organise une vente de livres afin de soutenir financièrement la SPCA Montérégie. La structure affiche complet actuellement avec près de 160 animaux.

Andrée Caillé l’avoue. « Je viens rarement à la SPCA Montérégie. C’est trop d’émotions. Si je m’écoutais, j’embarquerais tous ces chiens. Alors, j’ai décidé d’aider autrement. Organiser une vente de livres avec mon conjoint, Roger Huber, en fait partie. »

L’une de ces initiatives aura lieu le 3 mai prochain. Une vente de livres, dont le prix évolue entre 1 $ et 4 $ chacun, permettra de récolter des fonds afin de soutenir la SPCA, localisée à Sainte-Angèle-de-Monnoir, sur le chemin du Vide. « Cette action a plusieurs sens. D’abord, elle permet à tous de pouvoir lire à un prix abordable. De plus, cela permet d’offrir une deuxième vie à des oeuvres. Afin de dégager un maximum de revenus, on vise aucune dépense dans notre processus. On récupère des livres sous forme de dons. Des personnes nous rendent même des livres qu’elles nous ont achetés afin que nous puissions les revendre. C’est la huitième année que nous le faisons, les gens nous connaissent. »

Jauge pleine

Cet argent est nécessaire, selon Linda Robertson, gérante de la SPCA Montérégie, qui a plusieurs idées en tête afin de pouvoir l’utiliser. « Nous avons des vétérinaires qui viennent donner des soins aux animaux, des travaux sur les terrains extérieurs et neuf employés à payer. De plus, nous venons d’agrandir notre bâtiment, car nous affichions « complet ». Mais nous comptons encore beaucoup de pensionnaires, car les abandons de chiens et de chats sont plus fréquents actuellement. »

Pour expliquer ce phénomène, Linda Robertson avance l’argument de la crise du logement. « Les propriétaires ont l’embarras du choix et préfèrent louer leurs biens à des personnes sans animal qui jappe ou qui risque de causer quelques désagréments. Ainsi, les propriétaires d’animaux de compagnie passent après. Ils préfèrent donc se débarrasser de ces derniers pour avoir plus de chances d’avoir un logement. »

Un autre phénomène est plus présent depuis quelques années et explique aussi les abandons d’animaux selon la gérante de la SPCA Montérégie. Il s’agit de l’augmentation des coûts des soins vétérinaires. «  On assiste à une augmentation excessive des prix pour les soins dans les cliniques. Il faut désormais compter plusieurs centaine de dollars pour un problème dentaire! De nouveaux propriétaires prennent possession d’une clinique et ajuste à leur manière les prix afin de rentabiliser rapidement leurs investissements. C’est un scénario que l’on voit beaucoup dans la région malheureusement. »

Stérilisation

Aujourd’hui, la SPCA Montérégie, née dans le parc industriel de Chambly en 1989, mise sur l’énergie de ses employés, des bénévoles et des donateurs pour exister. « Nous comptons 60 chiens et plus d’une centaine de chats, regrette Linda Robertson. Nous ne recevons aucune aide gouvernementale, bien que des taxes sont prélevées lors des achats de produits pour animaux. Nous avons instauré un principe lors du processus d’adoption. Aucun animal ne peut quitter le refuge s’il n’a pas été stérilisé. »

Andrée Caillé et Roger Huber ont adopté deux chiens à la SPCA. « On ne le regrette vraiment pas. C’est vrai que ce n’est pas facile au début, car on ne les connaît pas. Mais on s’est dit qu’en prenant ces deux chiens, nous en sauvions en réalité quatre, car nous avons libéré deux places au sein de la SPCA. C’est comme cela qu’il faut raisonner. Aujourd’hui, nous les comprenons bien et c’est un bonheur de les avoir. »

Vente de livres de la SPCA Montérégie, Les Jardins Intérieurs, 1705, avenue Victoria, Saint-Lambert. Le vendredi 1er mai de 12 h à 20 h, le samedi 2 mai de 10 h à 17 h, le dimanche 3 mai de 10 h à 14 h.