Rougemont : comment lutter contre les violences conjugales?
Le couple impliqué dans le féminicide de Rougemont était connu des forces de police. Mais quels sont les rayons d’action des autorités en cas de violence conjugale?
Le cas de la Rougemontoise Véronic Champagne est le quatrième féminicide au Québec depuis le début de l’année 2026. Un chiffre qui interpelle quant aux moyens d’éviter les drames.
« Chaque décès est un décès de trop, souligne Caroline Girard, coordonnatrice provinciale à la lutte à la violence entre partenaires intimes à la Sûreté du Québec (SQ).
Un cadre légal et des pratiques d’intervention existent, et les policiers sont sensibilisés pour reconnaître les situations de violence et intervenir le plus adéquatement possible. »
Qu’en est-il de Véronic Champagne, poignardée récemment par son conjoint? Le système a-t-il failli? « L’enquête est en cours, poursuit Caroline Girard. Nous sommes en train d’enquêter sur les interventions antérieures, s’il y a lieu, pour voir si tout a été bien fait. Sinon, nous établirons des correctifs. »
Les victimes de violence conjugale peuvent dénoncer aux services de police ce qu’elles subissent. « C’est aux agents de recueillir les faits et d’enquêter la situation, poursuit la coordonnatrice. Ensuite, ils déposent tous ces éléments sur le bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales, et c’est le procureur qui prendra la décision de poursuivre ou non l’agresseur. »
Manipulation
De son côté, la victime détient la liberté d’action, mais ce n’est pas si facile. « Les réactions des victimes peuvent être multiples et parfois déroutantes pour l’entourage, rappelle Amélie Bois, conseillère experte en pratiques policières et violence entre partenaires intimes à la SQ. La violence conjugale s’inscrit dans une dynamique de contrôle et de manipulation. Une victime peut s’accrocher aux moments positifs de la relation, espérer un changement, ou craindre les conséquences d’une dénonciation. Cette violence gruge progressivement le pouvoir de décision des victimes. »
Dans ce contexte, le rôle des policiers est d’accompagner, d’informer et de protéger au mieux les victimes et leurs enfants.
« La police ne peut pas forcer une victime à agir contre sa volonté, mais elle peut tenter de réduire les risques, d’offrir du soutien et de travailler en collaboration avec les ressources spécialisées. »
