Richelieu : un projet de 5,2 M$ pour l’hôtel de ville et la bibliothèque
La Ville de Richelieu a présenté son nouveau projet de rénovation de l’hôtel de ville et de la bibliothèque. Elle fait ainsi une croix définitive sur l’achat de la Caisse Desjardins de Rouville.
Le conseil municipal de Richelieu a présenté à sa population trois scénarios concernant l’avenir de son hôtel de ville et de sa nouvelle bibliothèque : le statu quo, l’achat de la Caisse Desjardins ou la rénovation à même l’hôtel de ville actuel. La Ville a opté pour la rénovation du bâtiment présent. Le coût est évalué à environ 5,2 M$. 1,8 M$ proviennent d’une subvention du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation, 2 M$ des surplus et 1,4 M$ d’un règlement d’emprunt.
Le projet d’acquisition de la Caisse Desjardins à plus de 9 M$ a donc été écarté. Il en va de même pour le statu quo. « Le statu quo n’est pas un scenario à coût nul. Les travaux d’entretien et les correctifs nécessaires continuent de s’accumuler ou doivent tout de même être réalisés », justifie la Ville. Elle fait donc le choix de préserver son immeuble actuel. Elle indique, selon un bilan de santé datant de 2022, que le bâtiment est vieillissant, mais que ses principales composantes structurales demeurent utilisables et la structure est décrite comme stable. L’inspection est visuelle, non exhaustive (ni expertise d’ingénierie complète ni certification de conformité).
Compte de taxes qui heurte
En janvier dernier, Richelieu a présenté une hausse moyenne de 12,9 % au compte de taxes. Présents, des citoyens ont rappelé cet amer constat. Jacques Ladouceur, maire de Richelieu, met de côté la subvention (1,8 M$) et les surplus (2 M$). Il focalise sur l’emprunt de 1,4 M$. Il revient sur les trois maisons qu’avait achetées la Ville en vue d’y construire une école secondaire. « Ces maisons représentent 125 000 $ par année de capital et intérêts à remettre. L’emprunt de 1,4 M$ revient à 115 000 $ de capital et intérêts. Si les trois maisons sont vendues, théoriquement, les 125 000 $ ne sont plus là. On paiera plutôt pour l’hôtel de ville et la bibliothèque. Ça ne devrait pas avoir une grosse influence sur le compte de taxes de 2028 (les travaux ont lieu en 2027) », prévoit le maire.
L’objectif des travaux est de centraliser les services, moderniser le lieu et en assurer l’accessibilité. Il vise également à pallier la saturation des espaces des employés municipaux. Le projet de l’acquisition de la Caisse Desjardins en était un de 23 000 pieds carrés. Il passe plutôt à 10 830. Le conseil le décrit à la « hauteur des besoins, selon la capacité de payer ». « C’est comme me vendre une Lamborghini, qui vaut 500 000 $, à 200 000 $. Mais je n’en ai pas besoin. Tout ce que je veux, c’est une Toyota à 35 000 $ », a imagé Michel Beaudoin, conseiller municipal.
Opposition possible
D’ici la fin de l’année 2026, la Ville procèdera à l’avis de motion pour le règlement d’emprunt de 1,4 M$. Comme ils l’ont fait pour le projet de la Caisse populaire, les citoyens pourront s’opposer à travers un registre de signatures. « Soit on irait en référendum ou on changerait la donne. À 1,4 M$, je ne pense pas voir de levée de boucliers. C’est certain qu’il y en a toujours qui ne seront pas contents. De façon générale, je considère qu’on atteint l’objectif », estime Jacques Ladouceur.
Présence de l’ancien maire
Chez Desjardins, la bibliothèque s’étalait sur 8 466 pieds carrés. Dans le projet choisi, elle aura une aire de 3 300 pieds carrés. Claude Gauthier, ancien maire de Richelieu qui avait à cœur le projet de la Caisse Desjardins, était présent lors de la présentation citoyenne. « On présente un projet à moindre coût, peut-être, mais avec le projet de la Caisse, on répondait davantage aux normes actuelles du Québec en ce qui a trait à la dimension de la bibliothèque. Votre projet est beau, mais je crois toujours que la Caisse était la meilleure option », a-t-il fait entendre. « Le nouveau programme de subvention du Québec ne demande plus de norme minimale pour les bibliothèques », a répondu Jacques Ladouceur. La bibliothèque pourrait bénéficier d’une aide aux immobilisations du ministère de la Culture et des Communications. Rien n’est toutefois confirmé.
Relocalisation
Les travaux pourraient s’amorcer dès la mi-avril 2027. Ils se complèteraient en décembre. Entre-temps, l’hôtel de ville sera relocalisé de six à huit mois. Trois endroits sont présentement à l’étude : le Bureau d’information touristique, l’édifice de l’ancien Club Optimiste à Richelieu ou le Chalet du parc Florence Viens. La Caisse Desjardins de Rouville fait part qu’à l’heure actuelle, l’immeuble n’est pas en vente. Le conseil d’administration poursuit sa réflexion quant à l’avenir de l’immeuble et aucune échéance n’a été établie pour cette démarche. Le centre de services demeure ouvert et continue d’offrir l’ensemble de ses services à ses membres, comme il le fait actuellement.


