Richelieu : un modèle de réseaux à améliorer

La Ville de Richelieu figure à la 23e place des villes québécoises au palmarès des déversements d’eaux usées dans les rivières, un dossier réalisé par la Fondation Rivières. L’organisme n’accable pas particulièrement la municipalité, mais il espère une amélioration.

En termes d’intensité par habitant, Richelieu s’affiche à la 23e place des 270 villes québécoises classées selon leur déversement d’eaux usées dans la rivière, d’après le palmarès 2024 de la Fondation Rivières.

Avec 36 versements pour environ 5 600 habitants en un an, Richelieu est la première ville du territoire concernée par le phénomène. « Honnêtement, je m’attendais à plus de 36 versements, reconnaît Jacques Ladouceur, le nouveau maire. Mais ce sont 36 versements de trop. Néanmoins, si l’on regarde par rapport à d’autres villes, nous ne sommes pas si mal lotis. Il faut aussi distinguer les origines de ces versements. Est-ce à cause de la pluie ou d’autres choses? »

Le secteur de Richelieu à l’angle de la 3Rue et de la 16e Avenue a déjà subi des inondations à répétition par le passé. « Ce n’est pas la première fois que j’entends parler de problème au sujet des eaux pluviales, poursuit Jacques Ladouceur. Notre problème se situe d’abord à l’interne. Les fortes pluies liées aux changements climatiques ont accentué le phénomène.

Notre problème se trouve dans notre réseau, qui est âgé. Beaucoup d’eaux pluviales se mêlent aux eaux usées, ce qui le fait déborder. On va regarder pour séparer le système pluvial et l’égout. Cela va demander du temps, mais aussi beaucoup d’argent. On ne pourra pas faire cela tout seul, il faudra des subventions, mais le temps presse! »

Richelieu parmi d’autres

Gabriel Cliche, conseiller en valorisation de données et qualité de l’eau à la Fondation Rivières, explique la position de Richelieu dans le classement. « De manière générale, la Montérégie connaît beaucoup de villes qui ont connu des développements. Cela a favorisé les débordements. J’ai aussi travaillé sur le cas de Richelieu, qui, comme beaucoup d’autres villes de sa taille, n’a pas énormément de moyens pour régler son passif en termes d’infrastructures. Leur réseau est âgé, certains datent des années 70-80, époque durant laquelle le réseau d’eau pluviale et celui d’eaux usées ne faisaient qu’un. Pour répondre à ce défi, cela demande un travail de longue haleine. »

La Fondation Rivières a publié son palmarès 2024 pour sensibiliser le public aux pratiques du déversement des eaux usées. « On sait que les villes en général travaillent pour améliorer la situation, même si les chiffres montrent beaucoup de débordements au Québec. De notre côté, on aimerait que ces débordements diminuent, car ils affectent les milieux naturels. Les contaminants influent sur la faune aquatique et peuvent amener une prolifération d’algues avec des répercussions sur la qualité de l’eau. Néanmoins, l’eau potable reste de même qualité, car les municipalités ont les filtres nécessaires. D’ailleurs, cela coûte plus cher au contribuable, car il faut davantage de produits chimiques pour purifier l’eau. Pour l’humain, l’usage récréatif est davantage risqué. Par exemple, si vous faites de la plongée dans ces eaux, il est possible de contracter la gastroentérite ou tout autre virus ou parasite. »

Un travail de longue haleine

De son côté, la Ville de Chambly se situe à la 106e place, avec 36 versements aussi, mais pour une population de plus de 30 000 habitants. « Depuis plusieurs années, nous travaillons activement à séparer progressivement nos réseaux et à mettre en place des mesures pour réduire les déversements. Il est important de préciser que Chambly respecte les normes du ministère de l’Environnement et que nos déversements sont surtout causés par des conditions exceptionnelles, comme la fonte des neiges. »

La municipalité travaille sur son réseau afin de le rendre plus efficace. « À Chambly, moins de 2 % de nos conduites sont encore unitaires, poursuit l’administration. C’est-à-dire que les eaux usées et les eaux de pluie y circulent ensemble. Ce type de réseau peut causer des débordements lors de fortes pluies ou pendant la fonte des neiges. On observe aussi, parfois, des infiltrations d’eau provenant des cours d’eau vers le réseau sanitaire, particulièrement au printemps. »

Aussi, de nombreux projets immobiliers sont en voie de réalisation sur le territoire. Mais la Ville de Chambly n’est pas inquiète. « Les nouveaux projets sont encadrés par des normes gouvernementales. Leur impact sur les volumes d’eaux usées est négligeable. »