Richelieu : surveillance accrue pour les soirées moto du B-Sports
Des citoyens de Richelieu se plaignent des soirées moto du Resto-Bar B-Sports, activité cautionnée par la majorité du conseil municipal.
La Régie intermunicipale de police Richelieu-Saint-Laurent confirme avoir eu quatre cartes d’appels générées pour des plaintes en lien avec les soirées moto du Resto-Bar B-Sports. Une en mai et trois en juin, dont deux le même jour. De son côté, Manuel Bouthillette, directeur général de la Ville, indique avoir reçu « trois ou quatre » plaintes officielles de la part de citoyens. Il soutient que la Ville est « en discussion » avec le propriétaire du B-Sports. « Il nous a dit qu’il allait faire une intervention auprès des organisateurs (de l’événement) », nous fait part M. Bouthillette.
« Les pilotes font des wheelies, des spins, de la boucane et un peu de bruit », décrit Theo, propriétaire du B-Sports, quant à la nature des « bike shows » qui se déroulent sur le stationnement de son commerce. Des résidents de Richelieu rapportent être incommodés par ces événements. « Ils génèrent de la pollution atmosphérique et sonore. De telles pratiques sont dépassées en 2025 », estime l’un d’entre eux. « Il y a toujours des plaintes. Le bruit, peut-être que pour les autres, c’est trop, mais pour moi, ce n’est pas extraordinaire. Quand tu fais des 360 degrés, tu mets du gaz. On demande aux pilotes de faire le moins de bruit possible », explique Theo, qui dit avoir apporté des ajustements chaque fois qu’il a été question de plaintes. Le propriétaire du bar sportif se montre résilient devant la situation. « Si les citoyens ne sont pas satisfaits, on va arrêter. That’s all. Je vis avec la clientèle de Richelieu, je ne veux pas avoir de problèmes », résume Theo.
Autorisation accordée
Lors de l’été 2024, les soirées de moto du resto-bar avaient été rapportées à la Ville et à la police. En octobre dernier, les membres du conseil municipal ont, malgré tout, voté majoritairement en faveur d’autoriser la tenue de l’activité pour la saison estivale 2025. Le règlement permet un maximum de dix jours d’événements pour chacune des activités. Les journées de ces événements sont au choix de l’entreprise et sont reportables en cas d’intempéries. Les élus Jo-Ann Quérel et Bruno Gattuso avaient, quant à eux, voté contre. « Quand la demande d’autorisation a été faite, c’était clair qu’il n’était pas pour y avoir de nuisance, de bruit, etc. Des fois, on ne comprend pas toute la teneur de l’événement. Là, ça cause de la nuisance et on est très sensibles à ça », mentionne pour sa part Claude Gauthier, maire de Richelieu.
Pour le développement économique
Theo relate que plusieurs dizaines de personnes se réunissent pour l’occasion. « On est dans une zone morte. Il n’y a rien qui se passe ici. Il faut que tu fasses des événements pour attirer du monde », considère-t-il. « C’est du développement économique. Ça permet au resto-pub d’attirer des personnes pour augmenter son chiffre d’affaires », justifie Manuel Bouthillette, soutenu par Claude Gauthier.
Interventions policières
La Régie de police revient sur ses interventions lors de plaintes. « Chaque fois, nous nous sommes déplacés, mais nous n’avons pas vu les infractions potentielles en flagrant délit et les plaignants sont rarement témoins des comportements », affirme-t-elle.
L’établissement est alors avisé de la plainte. « Toutefois, nous assurons une présence sporadique plus fréquente, afin de prendre d’éventuels fautifs en flagrant délit d’infraction au Code de la route ou aux règlements municipaux, et cela, depuis le début des signalements et dans les prochaines semaines », déclare la Régie de police.
Richelieu soulève que lors de l’événement de la semaine dernière, une présence policière était assurée afin « d’évaluer » la situation.
