Richelieu : le Toutoubus, le véhicule du bonheur

Le ToutouBus circule sur le territoire. Rien ne sert de lui montrer votre passe de transport collectif, car ce véhicule n’est pas destiné aux humains. L’autobus transporte des chiens vers leur garderie de jour, à Richelieu, dans laquelle ils jouent et socialisent.

Le ToutouBus, un service de transport canin, roule depuis le mois de décembre dernier. Cela fait trois ans que l’idée mijote en Georges Bourgeois, propriétaire de l’Auberge canine de Richelieu. « Nous allons chercher les chiens directement au domicile le matin et les amenons passer une journée remplie de jeux, de socialisation et de gâteries, ici. Puis, nous les ramenons à la maison en fin de journée », décrit l’homme jovial. Tous les jours, Dali, sa chienne, vit sa meilleure vie, entourée des amis que lui dépose le véhicule jaune.

À l’arrière, les tannants

Parmi sa clientèle, des gens en télétravail bénéficient de l’offre. « On a créé un besoin aux chiens. Des clients m’appellent pour me dire que leur chien s’ennuie. Ils les ramènent », dit M. Bourgeois. De cette façon, ils économisent environ une heure de déplacement dans leur journée. Lorsqu’il prend la route, il partage sa géolocalisation. Ainsi, chaque propriétaire peut savoir à quelle heure son chien arrive. Il ne faudrait pas que son animal manque l’autobus. Le conducteur raconte que, par leur intelligence olfactive, les chiens reconnaissent leur siège. Dans le véhicule, respectant les règles de sécurité, ils sont attachés. Il peut arriver qu’un animal soit moins tolérant. C’est arrivé entre Rocket et Matéo. « On lève le ton un peu, gentiment. Je prends le tannant et je l’assois à l’arrière », affirme-t-il en guise de discipline douce. Assise entre les deux, Luna, la belle golden « joyeuse luronne qui s’entend avec tout le monde », contribue à baisser la tension. Pendant que Tobby, un chien de Chambly, fait remarquer sa présence, le maître des lieux chiffre qu’en une semaine, une trentaine d’inscriptions construisent son itinéraire.

Reconnecter avec sa nature

L’amoureux des chiens nous présente sa meute. Il relate que Mucca grognait et jappait quand elle voyait un autre chien, en compagnie de sa propriétaire. « Deux présences à la garderie de jour ToutouBus et elle est devenue zen avec les autres », dépeint M. Bourgeois. Il soutient que les chiens reconnectent avec leur nature. « On humanise notre chien parce qu’il entre dans notre beat de vie », observe-t-il. À l’Auberge, les chiens passent la journée en bande. Ils ont accès au parc extérieur et aux installations intérieures, à leur guise, selon leur volonté.

La journée tire à sa fin. Vers 16 h, il est temps pour eux de regagner le domicile afin de retrouver le confort de leur foyer. « Je chauffe un bus de chiens, man. Ce n’est que du bonheur. Les gens que je vois sont crampés et les enfants ont le gros sourire. Cet autobus inspire », observe l’homme. Comme un bonheur ne vient jamais seul, un deuxième ToutouBus se joindra au premier. Il pourra couvrir un autre secteur. Le pilote supplémentaire est même déjà sélectionné.

Plus de parcs

Georges Bourgeois voit grand. Sur sa terre, il est en voie de développer d’autres parcs privés pour que les gens puissent y faire bouger leurs bêtes. En trois espaces, il divisera 25 000 pieds sur tapis synthétique. « C’est pour répondre aux problèmes dans les parcs municipaux. Il y a un besoin criant. Il y a des gens qui utilisent les terrains de baseball mais n’ont pas le droit », dénote M. Bourgeois. Rappelons qu’à Richelieu, il n’existe pas de parc canin.

En matière de dépense d’énergie, il prévoit également développer le ToutouFit. En l’occurrence, il entend importer d’Europe un tapis roulant, sur mesure, pour ce type de besoin.

Retour à la source

La passion canine règne dans la famille. Les parents et la soeur de M. Bourgeois sont impliqués dans le projet. Le bâtiment dans lequel se déroulent les activités ne leur est pas étranger. En 1987, le père de Georges avait acheté un akita. Il se trouve que l’acquisition de l’animal s’était concoctée en ce même lieu. « Je suis revenu là où j’ai eu mon premier chien », termine le Richelois.