Richelieu : hausse de 12,9 % au compte de taxes
La ville de Richelieu a présenté son budget. Une hausse moyenne de 12,9 % est prévue au compte de taxes.
Le nouveau conseil municipal de Richelieu a présenté, le 7 janvier, son premier budget pour l’année 2026. Il s’élève à 11 831 900 $. En 2025, il se situait à 10 983 200 $. Il s’agit d’une hausse de 7,7 %.
Des quotes-parts à payer
Au budget 2025, une augmentation du compte de taxes de 7,5 % avait été enregistrée. Cela représentait une hausse de 241 $ de plus pour une maison moyenne. En juillet dernier, Jacques Ladouceur annonçait sa candidature pour briguer la mairie. Il disait alors au journal que la hausse du compte de taxes faisait partie des dossiers sur lesquels il se questionnait.
« Je ne blâme pas et ne met pas la responsabilité sur l’ancien conseil. Toutes les municipalités vivent la même problématique. » – Jacques Ladouceur
Cette fois, en 2026, la hausse de 12,9 % se chiffre à 445,85 $ de plus à payer pour une résidence moyenne estimée à 553 714 $. Sur deux ans, c’est en moyenne une somme de presque 700 $ de moins dans les poches des contribuables. « Les gens n’étaient pas heureux, c’est certain, mais les réponses aux questions ont été données. Il faut se rendre à l’évidence qu’il y a des quotes-parts qui rentrent de toutes parts et on doit les payer », affirme Jacques Ladouceur, maire de Richelieu, au lendemain de la présentation du budget. Concernant les quotes-parts, Richelieu vit une hausse de 13,2 % pour 2026.
Pour diminuer la « charge sur les citoyens », le maire indique avoir dû injecter 500 000 $ au budget provenant des surplus non affectés. Sans ce montant, il soutient que la hausse aurait été de plus de 18 %.
Le premier magistrat mentionne également que, « ce qui fait mal », ce sont les taux d’intérêts sur les prêts financiers. Il parle de 250 000 $ « imprévus » à payer.
Compensation rurale terminée
Le maire richelois revient sur la fin du Programme de compensation aux municipalités rurales pour la protection du territoire agricole, une entente entre Québec et la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM). Ce sont 248 000 $ qui ne sont pas reconduits cette année.
Le territoire de la CMM compte 19 municipalités rurales où la superficie agricole représente au moins 80 % du territoire et dont l’assiette fiscale, ainsi que le développement, sont limités en raison de ces zones protégées. « En terme de construction, on nous empêche d’agrandir et d’aller chercher des revenus supplémentaires. C’est contraignant pour une Municipalité comme la nôtre. Cette compensation était la bienvenue », convient Jacques Ladouceur. Il entend contacter ses homologues dans la même situation. « Ça n’a pas de bon sens. On a tous les inconvénients de la Métropole, sans solutions. On ne peut pas s’agrandir, mais on a les mêmes factures que les autres municipalités. »
Afin de préserver les terres agricoles et de contribuer au dynamisme des communautés rurales, la CMM a mis sur pied, en 2019, en collaboration avec le gouvernement du Québec, le Programme de compensation aux municipalités rurales. Grâce à une enveloppe annuelle de 5 M$, partagée à parts égales entre la CMM et le gouvernement, des investissements conjoints de 30 M$ ont été réalisés entre 2019 et 2025.
Alors que plusieurs secteurs agricoles subissent de fortes pressions pour accueillir du développement urbain, le programme de compensation a permis de freiner l’empiètement en zone agricole et de maintenir un « taux de taxation convenable ». Toutefois, le programme a été amputé de moitié en 2025 en raison du retrait du gouvernement du Québec. La CMM a donc investi, seule, un montant de 2,5 M$ afin d’éviter une rupture abrupte du soutien financier aux 19 municipalités rurales. En octobre dernier, le conseil de la CMM a adopté une résolution invitant la ministre des Affaires municipales, Geneviève Guilbault, à discuter d’un nouveau partenariat financier qui permettrait de soutenir les municipalités rurales.
Devant ces constats, Jacques Ladouceur est catégorique. « Je ne blâme pas et ne met pas la responsabilité sur l’ancien conseil. Toutes les municipalités vivent la même problématique. »
Achat de la Caisse Desjardins
Concernant le projet d’achat de la Caisse Desjardins pour en faire un nouvel hôtel de ville et bibliothèque municipale, les sommes prévues par les élus précédents sont maintenues au programme triennal d’immobilisations (PTI). Jacques Ladouceur déclare que le projet n’a pas été abandonné. Il nuance toutefois : « Ça ne veut pas dire qu’on va aller de l’avant, mais on préfère le prévoir. Mais l’intention du conseil n’est pas de dépenser cette somme-là ». Le conseil présentera le projet aux citoyens, dans son ensemble, en proposant des alternatives et comparables.
Des refoulements d’égouts
Au PTI, un secteur du troisième district de Richelieu est à risque de vivre des refoulements d’égouts lors de fortes averses. Au PTI, 3,6 M$ et 3,3 M$ sont prévus pour 2027 et 2028 respectivement pour la mise aux normes des infrastructures de rues du quartier ciblé. Avant de se lancer dans ces travaux, Jacques Ladouceur rencontrera les ingénieurs de la ville afin de valider s’il est possible de séparer le système sanitaire du pluvial, qui sont combinés. « C’est ça l’urgence, avant toute chose. Si la réponse est favorable, on va se concentrer là-dessus avant de refaire les rues », avance-t-il.
Parmi les priorités du conseil en 2026, la volonté est de sécuriser le chemin des Patriotes pour les piétons, cyclistes et triporteurs. Aussi, les trois maisons acquises par la Ville dans l’optique de construire une école secondaire sont devenues une dépense récurante. Jacques Ladouceur indique qu’il en coûte 125 000 $ annuellement à la Municipalité en raison de l’emprunt. Il rencontrera le Centre de services scolaire des Hautes-Rivières à ce sujet pour savoir quelles sont leurs intentions.
