Richelieu : des travaux attendus après des refoulements d’égout
La Ville de Richelieu indique que les travaux, concernant un secteur victime de refoulements lors de pluies volumineuses, débuteront en 2026.
La qualité de vie du Richelois Alexandre Jodoin en a pris pour son rhume. En moins de deux ans, il chiffre avoir été victime d’au moins trois dégâts d’eau lorsque des pluies diluviennes s’abattent sur son secteur.
Le secteur concerné est situé à l’angle de la 3e Rue et de la 16e Avenue. La Ville mentionne que de « multiples mesures ont été prises et continuent de l’être » dans ce dossier. « Nous avons installé des pompes avec des mesures d’urgence quand il y a trop d’eau. Avant que ça ne déborde, les travaux publics sont avisés et ils peuvent rapidement pallier à la situation », décrit Richelieu, à titre de mesures prises. « Ça ne sert à rien d’installer ça car la pompe ne fonctionne que lorsqu’on est inondé, pas avant. La Ville n’a jamais démarré une pompe de façon préventive », réplique Alexandre Jodoin.
Des pluies exceptionnelles
La Ville ajoute que les débordements vécus par M. Jodoin ont eu lieu à la suite des « pluies torrentielles assez exceptionnelles ». « Pour être jugé événement exceptionnel ou de force majeure, il doit être non prévisible. À partir du moment où on se fait inonder à plusieurs reprises, je ne vois pas comment on peut justifier que c’est non prévisible », considère Alexandre Jodoin.
L’homme est exaspéré. « Je pense que c’est de la pure bullshit », répond-il à Richelieu, qui se dit « extrêmement sensible » face à la situation.
Des travaux à venir
« Comme toute ville, il y a des priorités à gérer. Le problème du secteur, c’est que c’est un réseau qui est combiné », affirme Richelieu. Il en va de même de l’autre côté de la route 112, soit du côté des 9e et 10e Avenue. En 2022 et 2023, la Ville a refait des infrastructures de ce secteur. Elle fait part que les travaux de l’endroit concernant M. Jodoin se feront en cinq phases. Selon les prévisions du conseil municipal actuel, les deux premières auront lieu en 2026 et les trois dernières en 2027. « En ce moment, on en est à l’étape des plans et devis », soutient la Ville. « Pour l’instant, ce ne sont que du vent et des mots, comme toujours de la part de la Ville. Rien ne me garantit qu’elle va vraiment faire la job et ne pas trouver une autre excuse plus prioritaire », pousse M. Jodoin, qui a perdu foi en sa Municipalité.
Le coût des travaux de réfection permettant notamment de séparer l’eau pluviale des égouts n’est pas connu pour le moment.
« Ça a des conséquence sur mon emploi du temps, mon stress, mes relations familiales, sur tout. » – Alexandre Jodoin
Responsable ou pas?
Alexandre Jodoin avait demandé une expertise par un plombier indépendant pour s’assurer de la présence et du bon fonctionnement des clapets antiretour sur toutes les canalisations reliées à l’égout principal de sa maison. « Tous les clapets antiretour étaient présents et fonctionnels. Tout porte à croire à un problème au niveau de la ville », avait alors conclu Plombier Expert.ca. Conciliant, il a proposé à la Ville de lui céder une partie de son terrain afin de permettre l’aménagement d’une canalisation supplémentaire pour relier le coin de la 3e Rue et de la 16e Avenue, avec la 1re Rue.
Quelques mois plus tard, un expert en règlement de sinistres de Cuierrier & Associés inc., mandaté par Lloyd’s, l’assureur en responsabilité civile de la Ville de Richelieu, a remis une lettre de négation de responsabilité. La Ville a donc décliné toute responsabilité relativement aux dégâts engendrés par la pluie chez ses citoyens. L’assureur a expliqué notamment que « les pluies s’étant abattues sur la région de Richelieu et des environs constituent un phénomène anormal et exceptionnel, assimilable à une force majeure, ne mettant nullement en cause la conception, la fiabilité ou l’entretien du réseau d’égout municipal. »
Conséquences pour le citoyen
Après ces multiples sinistres, les compagnies refusent désormais d’assurer Alexandre Jodoin. « Ça a des conséquence sur mon emploi du temps, mon stress, mes relations familiales, sur tout », convient-il. Systématiquement, dès qu’il pleut, il suit en direct l’évolution de la situation afin de savoir s’il devra être aux aguets, jour ou nuit, avec un aspirateur. « Ce sont des nuits blanches. La dernière fois, j’ai dû défaire le plancher chez mes locataires, nettoyer comme il faut, réinstaller le plancher de nuit. J’ai une job moi-là! », relate l’homme au bout du rouleau.
