Richelieu : agir pour limiter les taxes

Lors de la séance du conseil municipal de Richelieu du 7 juillet dernier, les élus ont voté en faveur de quelques mesures servant à récupérer les 500 000 $ injectés au budget afin que la hausse de taxes n’atteigne pas 18,4 %.

Jacques Ladouceur, maire de Richelieu, se dit menotté. « Je n’ai jamais vécu autant de problèmes en même temps. Autrement dit, on a perdu le contrôle. Là, on n’agit pas, on réagit. C’est effectivement la première fois que je vis ça », confirme l’homme qui navigue à travers un cinquième mandat.

En début d’année, le conseil municipal richelois annonçait une hausse moyenne de 12,9 % au compte de taxes. Pour diminuer la « charge sur les citoyens », Jacques Ladouceur, le maire, avait indiqué avoir dû injecter 500 000 $ au budget provenant des surplus non affectés. Sans ce montant, il soutient que la hausse aurait été de plus de 18 %.

Compenser les municipalités rurales

À travers diverses actions, les élus tentent de récupérer ces 500 000 $. Ils déposent une demande à la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) concernant la fin du Programme de compensation aux municipalités rurales pour la protection du territoire agricole. Auparavant, Richelieu recevait approximativement 250 000 $ combinés de Québec, ainsi que de la CMM. En 2025, Québec a retiré sa participation. Il en a été de même de la part de la CMM pour 2026. Les élus souhaitent rétablir cette compensation. « Si ça ne fonctionne pas, on va demander de nous expliquer ce que l’on fait dans la CMM. Quels sont nos avantages? On travaille ensemble ou vous profitez de nous autres? », questionne Jacques Ladouceur.

Parmi les 82 villes de la CMM, on compte 19 municipalités rurales où la superficie agricole représente au moins 80 % du territoire.

Cette particularité implique des défis pour ces municipalités dont l’assiette fiscale et le développement sont limités par la présence d’importantes zones agricoles protégées. Jacques Ladouceur croit que d’autres de ces villes adopteront cette résolution. « J’espère que ça bouge d’ici septembre, avant les budgets », nomme le maire.

Abolition de postes

Dans le cadre d’une réorganisation administrative, trois emplois ont été abolis. Les postes d’agent aux communications et relations citoyennes, de coordonnateur aux travaux publics et de technicien aux loisirs seront officiellement supprimés à partir du 1er octobre prochain. « Ce n’est pas parce qu’ils ne font pas un bon travail, mais pour aller chercher de l’argent, on se demande si on en a vraiment besoin. C’est sûr que des services seront touchés, mais on a jusqu’en octobre pour ajuster nos flûtes et minimiser l’impact », explique Jacques Ladouceur. Il estime économiser 200 000 $ en masse salariale. « Ce n’est pas agréable pantoute de remercier des gens, mais on n’a pas les moyens », convient-il.

Trois maisons à vendre

En juin 2023, la Ville de Richelieu avait voté un règlement d’emprunt de 2 107 000 $ pour l’acquisition de trois propriétés, permettant ainsi d’y construire l’école secondaire. La Ville avait racheté le trio de maisons du chemin des Patriotes à 443 000 $, 565 000 $ et 600 000 $. Or, le projet de construction, s’il a lieu, n’arrivera pas avant longtemps. Elles ont été remises en vente à 475 000 $, 589 000 $ et 615 000 $. « On regarde le marché. Si ça ne bouge pas, il faudra peut-être ajuster le tir », prévoit Jacques Ladouceur. Il chiffre qu’il en coûte à la Ville 125 000 $ annuellement en « capital et intérêts remboursement » pour l’emprunt qui avait permis l’achat des trois maisons.

« On a trouvé des façons d’essayer d’assainir les finances et de récupérer. Il y a de beaux projets que j’aimerais faire, mais on n’a pas l’argent », résume le maire.

Logement social priorisé

La CMM fait savoir au journal qu’en 2025, lorsque Québec a indiqué ne pas avoir l’intention de poursuivre sa participation au programme de compensation, la CMM a choisi de financer seule sa part. Elle « restait optimiste » à l’idée que le gouvernement renouvellerait le programme par la suite. « Québec a plutôt clairement signifié qu’il ne souhaitait plus financer le programme. Nous en sommes donc venus à la conclusion que le programme de compensation devait évoluer », considère la CMM. Pour l’année 2026, le conseil de la CMM a décidé de dédier l’enveloppe budgétaire du même montant (2,5 M$) au logement social. « C’est l’enjeu le plus criant en ce moment, partout dans le grand Montréal. D’ailleurs, plusieurs municipalités rurales bénéficient de ces fonds présentement », dit le regroupement de 82 municipalités. « Le logement social/abordable est aussi important, mais tu déshabilles Pierre pour habiller Paul. Ça n’a pas de sens, considérant que la plupart des municipalités rurales comme la nôtre n’ont pas de terrains pour faire du logement social/abordable », termine Jacques Ladouceur.