Retour sur le déneigement à Chambly

À la suite de plaintes de citoyens reçues au journal concernant le déneigement à Chambly, nous nous sommes entretenus avec Michel Potvin, directeur des Travaux publics, afin de mieux informer la population quant aux décisions qui s’y rapportent.

Des citoyens se plaignaient de ne plus pouvoir faire leur marche sur certaines rues dont les trottoirs étaient trop glissants. M. Potvin a abordé les raisons qui ont pu rendre l’entretien hivernal plus difficile cet hiver.

« Nous avons connu des variations de 20 degrés Celsius en 24 heures, ce n’est pas l’idéal. De plus en plus, on est confrontés à des hivers plein de remous, qui font que la neige qui est entassée sur les terrains se met à fondre, et coule sur les trottoirs. Le soir, l’eau reprend sa forme de glace et s’accumule en bordure du trottoir. Ça demande un entretien assez régulier, même lorsqu’il ne neige pas mais qu’il pleut toute la nuit jusqu’au matin, et que ça vire en glace vers 6 heures. »

1 100 000 $
C’est ce que coûte le déneigement à la Ville

Bien équipé pour le déneigement

M. Potvin explique que ses équipes peuvent prendre jusqu’à cinq à sept heures pour faire tout le parcours de déneigement. « Ce sont les mêmes machines qui font de l’épandage d’abrasifs ou de fondants. »

Lors d’une vraie tempête, ce sont 23 cols bleus qui sont en activité. « Pour une tempête de verglas, on aura huit machines en activité pour déneiger 70 km de trottoirs et les 125 km de chaussée, soit 250 km de voies si l’on compte le double sens. C’est sûr que l’on est mieux équipés qu’il y a dix ans, parce qu’avant, il y avait moins de changements de température et l’on s’attardait au déblaiement de la neige. Maintenant, on travaille en parallèle avec du déglaçage et de l’épandage d’abrasifs. Pour le déneigement, nous avons un budget total d’un 1,1 millions. »

Des rues où c’est plus compliqué

La Ville utiliserait 700 à 800 tonnes d‘abrasifs par année. Selon M. Potvin, certaines villes ont choisi de se passer d’épandage, et peuvent se le permettre. Ce ne serait pas le cas de Chambly. « Mais la rue Gaby-Bernier est très résidentielle, beaucoup y stationnent dans la rue. Aussitôt que l’on arrive dans les heures de déneigement, la neige se compacte et se glace. Quant aux rues comme Gaby-Bernier, s’il continue de neiger, on ne sera pas capables d’y faire fondre la glace efficacement, à moins d’utiliser du sel de voirie. On en utilise 1000 tonnes par année, mais il devient inefficace sous -12 degrés. Il faut comprendre que le sel de voirie a besoin d’être déplacé, surtout sur des rues résidentielles où il y a moins d’achalandage, comme les rues perpendiculaires à Anne-Le Seigneur, qui elle, pourtant, ne sera pas glacée. »

Ainsi, le sel n’agirait pas sur les rues où il ne passe pas de voitures sur une base régulière, mais s’entasserait plutôt sur la chaussée. « Si l’on voulait éliminer toute la glace des petites rues pour retrouver l’état et l’asphalte dégagé de la rue Fréchette, il en faudrait 5 000 tonnes. Il faut se rappeler que l’on vit dans un pays nordique. »

Le bassin en cause

M. Potvin rappelle qu’il ne faut pas non plus oublier que « lorsque les 1 000 tonnes de sel épandues fondent, elles s’en vont toutes dans le bassin de Chambly, dans nos fossés, ce qui n’est pas écologique. »