Chambly : le terrain de l’ancien golf non vendu

Malgré l’ultimatum de la Ville de Chambly au 31 mars, le propriétaire du terrain de l’ancien golf de Chambly et le promoteur ne sont pas parvenus à un accord. Le projet immobilier de 500 portes est ainsi remis en cause et n’est toujours qu’un projet. 

« Depuis 2024, j’ai averti la Ville de Chambly que je ne voulais pas avancer dans ce projet. Depuis, on n’a aucun contact. » Barry McLean est clair. Le président du Club de golf de Chambly, propriétaire du terrain de l’ancien golf, assure que sa parcelle est loin d’être vendue. « J’ai vu que la Ville de Chambly concluait des ententes avec un promoteur, mais rien n’a avancé de notre côté. »

Dans le cadre de la restructuration de ce secteur du district du Bassin, la Ville de Chambly a présenté un projet aux citoyens, comprenant 500 portes gérées par un promoteur et l’aménagement d’un parc naturel représentant plus de 180 000 m2. Cette initiative aurait aussi permis, entre autres, le prolongement de l’avenue Bourgogne, l’implantation d’une piste cyclable, un parc pour enfants et une nouvelle circulation routière. L’achat de 70 % de ce terrain aurait représenté 6 M$, selon la Ville. « Nous n’avons rien vendu de notre côté, assure Barry McLean.

Si un autre projet arrive sur la table, on pourrait en parler. Mais pour le moment, aucune offre intéressante, de notre point de vue, ne nous a été proposée. »

Communication

Alors que le processus était amorcé du côté de la Ville et du promoteur, le refus de poursuivre du propriétaire a été mal vécu par les différents partis. « On a fait beaucoup de rencontres concernant ce projet, confie André Pépin, le promoteur. M. McLean était intégré dans les copies des courriels envoyés, ce que l’on témoignait de son accord. Au moment de procéder, on a compris qu’il était parti sur une autre avenue. Le problème est que plus on attend, plus les prix des terrains montent. »

Le projet est, pour le moment, arrêté, mais André Pépin y croit encore. « C’est un projet fabuleux. Les documents sont là, le problème est qu’actuellement, le propriétaire ne veut pas nous parler. On est prêts à bonifier notre offre, mais on ne nous donne pas l’occasion de nous asseoir à la table. »

Du côté de la Ville, la mairesse, Alexandra Labbé, est en processus d’observation. « Nous n’avons pas eu de demande pour un délai supplémentaire. De notre côté, nous avons réalisé le zonage et les résolutions pour honorer les engagements de la Ville. »

D’ailleurs, le conseil municipal s’était avancé, l’automne dernier, pour annoncer « l’officialisation de la création du plus vaste parc naturel urbain de la municipalité » juste avant la campagne électorale des municipales. Une décision qu’explique la mairesse. « Nous avions un lot préliminaire, ce qui est un signal supplémentaire pour dire que tous les feux étaient au vert. C’était une nouvelle étape qui se concluait. » Alexandre Tremblay, directeur général adjoint, appuie. « Il n’y avait aucun intérêt particulier pour le faire avant les élections. »

Réparations

Aujourd’hui, la Ville se penche vers l’avenir et reste dans l’attente pour la résolution du problème. « Ce n’est pas la première fois que l’on annonce un projet qui, au bout du compte, ne se fait pas pour toutes sortes de raisons, comme la Bennett, par exemple, poursuit Alexandra Labbé. Nous allons prendre le pouls avec les partenaires, mais ce qui me dérange, ce sont les délais que cela risque d’ajouter. C’est inacceptable! »

Pour mener ce projet immobilier, des ateliers avec un urbaniste ont été tenus, des présentations ont été faites à la population, sans compter les analyses du terrain. Ces investissements ont un coût et la Ville entend bien aller plus loin pour faire valoir ses intérêts. « Et nous ne sommes pas les seuls dans ce cas!, affirme la mairesse. Nous allons être accompagnés juridiquement, comme nous l’avons été lors des autres étapes du projet. On est déçus, mais ce secteur a des besoins en termes de circulation, de sécurité et d’espaces verts. La mairie n’est pas déstabilisée de changer de partenaire, mais elle est attachée à répondre aux besoins des citoyens. »