MRC de Rouville : vers la reprise d’entreprises 

Le Centre d’aide aux entreprises de Haute-Yamaska et région est sur le point de fêter ses 40 ans d’existence. L’occasion pour la directrice générale, Isabelle Brochu, de définir les défis actuels des entrepreneurs.

Organisme fédéral, le Centre d’aide aux entreprises de Haute-Yamaska et région (CAEHYR) couvre la MRC de Rouville. « Cela fait 40 ans que nous finançons et conseillons les entrepreneurs à toutes les phases de l’entreprise. »

Selon le ministère de l’Économie du Québec, 230 000 PME de 250 employés ou moins sont actives au Québec. « Ce qui nous inquiète, de prime abord, n’est pas l’évolution du nombre d’entrepreneurs mais plutôt leur vieillissement, confie Isabelle Brochu, directrice générale du CAEHYR. Sur notre territoire, 40 % des entrepreneurs ont plus de 60 ans et certains n’ont pas de plan de relève. Le manque de main-d’œuvre et la transition verte sont des défis supplémentaires. » Les entrepreneurs d’aujourd’hui doivent faire face à des difficultés nouvelles collant à certains enjeux de la société. « Auparavant, la seule préoccupation était le profit, poursuit Isabelle Brochu.

Maintenant, les jeunes entrepreneurs veulent avoir un impact sur la société et être présents socialement. Avant, on faisait du financement classique avec l’embauche en objectif, aujourd’hui, on demande si les chefs d’entreprises pourront garder leurs employés. »

Climat difficile

La MRC de Rouville est rurale et la relève agricole est toujours un enjeu pour le CAEHYR. « La mode est au repreneuriat, car il est plus simple de reprendre une entreprise qui tourne déjà, avec parfois l’ancien propriétaire qui vient donner un coup de main. De plus, concernant le monde agricole, les terres coûtent cher et ce n’est pas évident de démarrer. » Les relations commerciales difficiles entre le Canada et les États-Unis concernant les droits de douane pourraient faire réfléchir les entrepreneurs de la Montérégie quant à leur plan d’affaires.

« Nous ne voyons pas de conséquence dans notre portefeuille d’entreprises, poursuit la directrice générale. Mais l’incertitude est présente. Et ce facteur est l’une des pires choses pour une entreprise. Cela crée un climat anxiogène. Mais nous sommes patients. Nous voulons être un solide partenaire des entreprises, car lorsque les entrepreneurs vont, c’est toute une région qui se porte bien. »