MRC de La Vallée-du-Richelieu : dans les traces de son père parti à la retraite

Le sergent Hugues Beaulieu s’est offert un cadeau de retraite alors qu’il a patrouillé avec nulle autre que sa fille, l’agente Gabrielle Beaulieu, dans la MRC de La Vallée-du-Richelieu.

Le journal a rencontré Hughes Beaulieu, avec sa fille Gabrielle, la veille de sa retraite. Le sergent de 51 ans, qui vit au Saguenay-Lac-Saint-Jean, venait de vivre un quart de travail de neuf heures avec l’agente, qui, elle, patrouille dans la MRC de La Vallée-du-Richelieu. Ensemble, ils ont réalisé plusieurs opérations en sécurité routière tout en répondant aux appels des citoyens. « Ça a été plutôt tranquille en termes d’appels. On a surtout jasé. On en a profité pour passer du temps ensemble », décrit le duo en souriant.

Mme Beaulieu a grandi en voyant son père exercer le métier. « Ça a toujours été présent chez moi. J’ai toujours su que je voulais aider les gens », situe la femme de 24 ans. À travers d’autres champs d’intérêt, son choix s’est davantage précisé au secondaire. « Ça ne m’a pas surpris. Elle est habitée d’un grand sens de la justice et est extrêmement intègre », observe son père, qui compte une trentaine d’années dans les forces de l’ordre. Il y a près de quatre ans, la policière s’est établie en Montérégie pour y entamer sa carrière. « C’est complet, comme métier. On touche à plein de sphères et on développe des connaissances sur beaucoup de sujets. C’est stimulant », estime-t-elle.

Inquiet mais sans peur

« Je suis inquiet à titre de père, tout comme je le suis avec mes autres enfants, mais je n’ai pas peur. Elle est intelligente, bien équipée et bien formée. Je ne suis pas stressé », nuance Hughes Beaulieu au sujet de sa fille. Il soutient que chaque policier fait face à ses défis. Les dossiers relatifs à l’enfance, bien qu’il les ait traités avec diligence, ont fait partie des siens. « Quand j’arrivais à la maison, j’allais des fois me chercher un petite fille pour la bercer et la coller », confie-t-il.

Le père de famille se résigne. « On sait que l’on ne sera pas appelé pour des événements faciles. C’est sûr que je voudrais qu’il ne lui arrive jamais rien, mais c’est peu probable. Sur la route, comme policier patrouilleur, on est beaucoup exposé », convient M. Beaulieu. Il ajoute toutefois souhaiter que sa fille ne vive pas de situation « traumatisante ». Il donne notamment l’exemple de faire feu sur une personne et d’être jugé par la suite.

Bénéficier de l’expérience

Gabrielle Beaulieu profite de l’expérience de son paternel. « Il comprend la réalité de cet emploi et il a vécu des situations auxquelles je peux être confrontée. C’est un avantage », considère-t-elle. La vingtenaire a pu bénéficier d’une vision juste et authentique du métier, « sans idéalisation ».

Autour de la table familiale, quand ils se rassemblent, le sujet principal ne tourne pas autour de cette réalité professionnelle qui les lie. « À la maison, on n’est plus des polices. Quand on n’a plus cet uniforme vert sur le dos, on n’en parle pas tant », indique le papa de trois femmes dont l’une est désormais maman.

« Ça nous arrive tous »

Il y a quelques semaines, une vidéo, dans laquelle une jeune agente du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) encaisse des propos orduriers de la part d’un homme qu’elle a interpellé, est devenue virale. Stoïque, la policière a encaissé les commentaires violents de l’individu. « C’est exactement ce à quoi je m’attendrais de Gabrielle. Des poignées de bêtises et du langage injurieux de la sorte, ça nous arrive tous au moins une fois », reconnaît M. Beaulieu. Il se rabat sur la réglementation municipale qui empêche ce genre d’écart de conduite ici, contrairement à ce que vit le SPVM. « Tu appelles du back up mais l’idée, c’est de garder son calme », font savoir la fille et le père.

Travailler malgré la retraite

Malgré la retraite, Hugues Beaulieu ne chômera pas. Dès la prochaine rentrée scolaire, il deviendra enseignant au collège d’Alma en Techniques policières. Ainsi, il transmettra ses connaissances à la relève. « J’ai l’impression de leur donner un peu de moi-même et le goût de ce que sera leur vie policière », conclut-il.