Montérégie : pas de caméras corporelles pour la Régie intermunicipale de police
Montréal annonce que ses policiers seront bientôt équipés de caméras corporelles. La Régie intermunicipale de police Richelieu-Saint-Laurent (RIPRSL) n’emboîte pas le pas.
Les policiers de Montréal seront bientôt équipés de caméras corporelles. Dans la foulée, des véhicules de police seront également munis de caméras.
Favorable à l’évaluation
À la RIPRSL, aucun policier ne porte actuellement de caméra corporelle. Il en va de même pour ses véhicules. Marco Carrier, directeur de la RIPRSL, affirme être favorable à l’évaluation et à l’éventuelle implantation des caméras portatives pour les policiers. Il soutient toutefois qu’un tel projet soulève plusieurs enjeux opérationnels, juridiques, technologiques et financiers qui nécessitent une analyse rigoureuse. Il fait valoir que son déploiement doit notamment s’harmoniser avec les orientations du ministère de la Justice du Québec, du directeur des poursuites criminelles et pénales, ainsi qu’avec les exigences relatives à la protection des renseignements personnels et au respect de la vie privée. « Nous croyons également qu’une approche uniforme à l’échelle du Québec serait souhaitable afin d’assurer une application cohérente des pratiques policières. Enfin, les coûts d’acquisition, d’implantation, d’entreposage des données et de gestion du programme constituent des considérations importantes. Le dossier fait d’ailleurs actuellement l’objet de discussions et de réflexions au sein de l’Association des directeurs de police du Québec », décrit le directeur.
La FPMQ se réjouit
La Fédération des policiers municipaux du Québec (FPMQ) félicite vivement l’initiative de Montréal. Elle souhaite « ardemment » voir cette pratique être adoptée par l’ensemble des services de police municipaux au Québec. « C’est une excellente nouvelle! L’ajout des caméras corporelles, incluant les enregistrements sonores, va grandement contribuer au sentiment de sécurité, à la fois pour la population et pour les policiers », se réjouit François Lemay, président de la FPMQ.
Il indique que le contexte actuel en est un où le travail policier peut être trop souvent remis en question. « Nous voyons régulièrement des vidéos qui ne diffusent qu’une fraction de toute une intervention policière. La grande majorité du temps, les agents ont fait leur travail, suivant les règles et les protocoles appris à l’école de police, en plus des indications de leur service de police. Avec cet outil, les personnes qui doivent juger du travail policier, qu’il s’agisse de la hiérarchie ou carrément du bureau des enquêtes indépendantes, auront en main une preuve beaucoup plus complète. Cela permettra d’éviter les procès d’intention malveillants trop souvent vus. Et si une intervention mérite d’être améliorée dans la pratique policière, elle sera documentée. Tout le monde y gagne », estime M. Lemay.


