Marieville : savoir parler aux enfants

Une croix gammée et un mot raciste ont été inscrits sur un module de jeu au parc Blanchard de Marieville. Une situation que doivent gérer les parents pour expliquer aux enfants.

Une croix gammée et une inscription raciste, à côté, situées en haut d’un module pour enfants ont été retrouvées au parc Blanchard de Marieville. Quelle que soit la motivation de son auteur, le mal est fait dans le parc Blanchard, situé à Marieville à proximité du boulevard Ivanier. « Je suis tombée dessus avec ma fille de 18 mois, regrette Stéphanie. Je ne lui ai rien dit, elle ne s’en est évidemment pas rendu compte. Quant à mes autres enfants, ils sont trop vieux pour aller au parc. » 

Résident de Marieville, Jean-Guy est interpellé. « C’est surprenant, car c’est un secteur familial. Je ne vois pas qui peut faire cela. Ce sont des blocs de jeunes familles, ça peut être choquant de voir cela. Je ne vois pas qui peut en être l’auteur. » De son côté, Richard ne cache pas sa colère. « C’est du vandalisme ! Cela doit certainement être des adolescents qui ont fait cela ! »

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Informée par la situation, la Ville de Marieville est passée à l’action. « Nous avons rapidement réagi mardi, dans la journée, pour faire retirer le graffiti du module de jeu à l’aide de produits spécialisés. Il ne s’agit pas d’un phénomène que nous avons déjà observé à Marieville sous cette forme. Nous n’avons notamment pas eu de signalement de graffitis de nature raciste par le passé. C’est évidemment une situation que nous déplorons. Comme pour toute forme de vandalisme, il est difficile de contrôler complètement le phénomène ou de prévenir chaque geste posé sur le territoire. Nous continuons toutefois de faire de la sensibilisation auprès de la population, d’effectuer des surveillances ponctuelles dans les différents secteurs et de promouvoir des valeurs de respect et de bienveillance dans la communauté. »

Les sigles sont effacés, mais que faire si des enfants, encore innocents, se trouvent face à ce genre d’inscriptions ? Karine Gauthier, présidente de l’Ordre des psychologues du Québec, invite les parents à affronter la situation. « Il faut leur expliquer, après tout dépend aussi de leur âge. Si les enfants posent des questions, il est important de répondre. On ne veut pas qu’ils voient certaines choses et les répètent par la suite sans leur expliquer la portée du message. »

Pour aider à la discussion, la présidente invite à aborder le sujet d’une manière plus compréhensible pour les plus jeunes. « Le racisme est simple à comprendre, mais pas forcément chez les enfants. Dans le groupe d’amis de son fils ou de sa fille, il peut coexister plusieurs cultures. Je prends alors l’image des cheveux. On peut expliquer que la couleur des cheveux ne change rien à la personne et de décider un jour de ne plus jouer avec ceux qui ont des cheveux bruns n’est pas une bonne idée. C’est injuste, blessant et ça peut faire de la peine ou faire peur. »

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Aussi, l’attitude des parents peut être primordiale dans ce genre de situation, selon Karine Gauthier. « Si l’adulte n’est pas à l’aise, les enfants le ressentent même sans savoir pourquoi. Il posera aussi des questions telles que  » C’est quoi, ça ?  ». L’important aussi est de répondre de façon claire et d’insister en disant :  » Si tu as d’autres questions, n’hésite pas  ». Il est important qu’ils comprennent, car ils pourraient être confrontés à ce phénomène plus tard dans leur vie. »

Cette attitude peut-elle aussi s’appliquer si l’enfant est exposé à une image violente ou du moins ne convenant pas à sa sensibilité ? Karine Gauthier assure qu’il ne faut pas éviter d’aborder le sujet. « Cela dépend forcément d’une image à l’autre, explique-t-elle. Si c’est une fiction, il faut rappeler à l’enfant que cela n’existe pas dans la vraie vie ou bien que c’est quelque chose de très exceptionnel. Il faut rassurer en répondant aux questions de manière courte sans élaborer afin de le rassurer. Il ne faut pas être non plus anxiogène ou paraître déstabilisé. Aussi, on peut insister sur le fait qu’on est toujours là pour eux et qu’il ne faut pas avoir de crainte. »