Marieville : maltraitance sur une aînée au CHSLD Sainte-Croix
Rachel Ringuette, femme de 88 ans, a vécu de la maltraitance de la part d’une préposée du CHSLD Sainte-Croix de Marieville.
Natalie Lareau avait caché une caméra dans la chambre de sa mère au CHSLD Sainte-Croix de Marieville. Le 29 avril dernier, elle a été témoin d’une préposée qui manipulait brusquement Rachel Ringuette, sa maman de 88 ans.
« Ça n’a pas de sens »
Les images ont notamment été transmises à Isabelle Caron, directrice du soutien à l’autonomie des personnes âgées pour Santé Québec Montérégie-Centre (SQMC). Mme Lareau et elle ont eu une rencontre peu après la maltraitance de Rachel Ringuette. Dans un enregistrement transmis au journal, Mme Caron mentionne à Mme Lareau que « l’employée maltraitante ne sera pas là (lors de la fin de semaine suivant l’action). Elle ne pourra pas donner de soins parce qu’on est en enquête, parce que ça n’a pas de sens ce qu’on a vu. »
Dans un premier temps, afin de protéger la confidentialité des renseignements personnels ainsi que des renseignements de santé et de services sociaux, SQMC soutient ne pas commenter des situations particulières impliquant des résidents, leurs représentants, leurs proches ou des employés.
SQMC affirme que la qualité et la sécurité des soins et des services offerts sont « incontournables et fondamentales ». L’établissement indique ne tolérer aucunement les « comportements inappropriés ou de maltraitance et prône en tout temps une attitude bienveillante ainsi que des relations empreintes de respect ». Elle assure que chaque situation préoccupante portée à son attention est analysée avec « rigueur et diligence » et, selon les résultats de l’analyse ou de l’enquête, les « mesures appropriées » sont appliquées dans le respect des lois en vigueur. « Lorsque des manquements sont constatés, nous intervenons rapidement et mettons en place les mesures requises afin de corriger la situation. Selon les circonstances, ces mesures peuvent inclure de la formation, de l’accompagnement et des suivis auprès des personnes concernées. Des mesures disciplinaires sont également appliquées lorsque requis », fait part l’organisation gouvernementale.
Dans un deuxième message, SQMC cible davantage. « Ce que vous avez vu dans la vidéo ne correspond pas à ce qui est attendu de la part de notre personnel », dit-elle au journal. Il n’a pas été possible de savoir si l’employée fautive avait subi des représailles.
Natalie Lareau a déposé une plainte à la Sûreté du Québec. Le dossier est désormais entre les mains du procureur.
Une réadmission sous conditions
Mme Lareau voyait sa mère pratiquement quotidiennement. Elle rapporte que, le 4 mai, elle a été escortée par des policiers afin de quitter les lieux. SQMC lui a ensuite transmis un document qu’elle devait inconditionnellement signer et respecter afin de pouvoir revenir au CHSLD. Il y est question de « comportements perturbateurs ». Il est aussi question « d’incivilités, d’agressivité et de menaces verbales à l’égard de membres du personnel » et de « propos dénigrants à l’égard de certains employés ». « Je ne parlais jamais à personne. Je ne levais pas le ton. Les seules choses que je pouvais dire, c’était que maman sentait l’urine pour qu’elle soit changée.
Ça arrivait que je le dise plus fort. Je ne dis pas que je suis blanche comme neige. J’ai défendu ma mère, mais jamais de manière agressive et violente », insiste Mme Lareau. Le 15 mai, après la signature du document, elle a pu accompagner sa mère jusqu’au 18 mai. Elle déplore qu’un garde de sécurité ait assisté à leurs dernières rencontres.
« Nous reconnaissons le rôle essentiel des personnes proches aidantes et l’importance de maintenir un milieu de vie calme, sécuritaire et respectueux pour les personnes hébergées et leurs proches. Nous veillons au respect du Code d’éthique et de déontologie de Santé Québec qui énonce les comportements attendus tant des membres du personnel que des usagers, représentants, proches et visiteurs. Lorsque nécessaire, pour assurer la sécurité ou maintenir un milieu de vie sain, certaines visites peuvent être encadrées ou restreintes, mais ces mesures sont appliquées en dernier recours et demeurent exceptionnelles », explique SQMC.


