Marieville : l’objectif d’intégrer tous les élèves

L’école Monseigneur Euclide-Théberge de Marieville organisait, la semaine dernière, les Olympiades pour enfants touchés par le spectre de l’autisme. L’événement a accueilli trois écoles secondaires de la région.

« Cela fait cinq ans que nous les organisons, mais cette fois, nous avons souhaité inviter d’autres écoles. » Marquis Rodrigue est enseignant en classe adaptée pour besoins particuliers à l’école Monseigneur Euclide-Théberge (MET) à Marieville. Il est l’instigateur, avec son collègue Patrick Larcher, de l’expansion des Olympiades pour les enfants touchés par le spectre de l’autisme à un niveau régional du Centre de services scolaire des Hautes-Rivières. « Trois écoles secondaires du secteur nous ont rejoints pour cette édition. On a accueilli au total plus de 150 élèves pour cette journée. »

Saut en longueur, course ou encore s’habiller en pompier… Les épreuves ne manquaient pas pour inciter les jeunes à dépasser leurs limites, avec en guise de transition un enseignement au tir à l’arc. « On accueille des jeunes de 12 à 21 ans, poursuit l’enseignant. Le plus gros défi pour eux réside dans la maîtrise de la motricité fine. D’un autre côté, certains sont davantage concentrés sur une épreuve pour faire valoir leurs qualités. »

Ces Olympiades ont une saveur spéciale pour Marquis Rodrique. « C’est une journée d’amusement. On a plein de choses à leur donner! Dans le même temps, cela les encourage à avoir un mode de vie sain. On leur montre que c’est agréable d’avoir de bonnes habitudes. Et ils peuvent constater qu’ils ne sont pas si différents des autres. On insiste beaucoup sur l’inclusion avec des courses de quartier en compagnie d’autres enfants. On les met aussi en valeur lors de notre gala Meritas. Ils ne sont jamais laissés pour compte. »

Inclure au maximum

Les locaux des classes adaptées aux besoins particuliers occupent un espace central au sein de MET. « Ils sont en plein milieu de l’école, souligne le directeur, Vincent Laporte. Nous avons fait le choix de ne pas les isoler. On essaie toujours d’offrir des choses semblables à la norme pour mieux les intégrer. »

Outre l’emplacement des classes, les habitudes de vie aussi sont aménagées avec pour but d’aider les jeunes touchés par le spectre de l’autisme de se mêler à la foule. « Le spectre de l’autisme est très large et les besoins diffèrent vraiment selon chaque personne, poursuit Vincent Laporte. Les Olympiades sont un bel exemple montrant qu’aller à l’école n’est pas juste s’asseoir sur une chaise. C’est aussi une dynamique pour faire découvrir de nouvelles choses. Ce ne sont pas forcément des élèves portés vers le sport. On leur apporte la notion de bouger, du contexte social et de la persévérance. »

Comme les autres

Au point que certains élèves intègrent même des cours dans des classes régulières. « Cela dépend forcément des capacités de chacun, assure le directeur. Nous essayons de leur proposer une vision de la société la plus proche possible de la norme. L’objectif final est de les amener là où ils peuvent. Cela peut être un métier semi-spécialisé ou bien vers une voie régulière. Chacun son histoire. »

L’un des points forts de MET dans ce domaine est la possibilité de réaliser des stages en entreprise. « Cela leur permet de découvrir le milieu du travail, sourit Vincent Laporte. À travers ces Olympiades, nous donnons aussi le sentiment qu’ils ne sont pas seuls et qu’au bout du compte, ils peuvent dire  »Je suis un adolescent comme un autre ». »