Marieville : le virtuel pour éduquer sur les bonnes pratiques lors d’un incendie

Le Journal de Chambly s’est rendu à la Caserne 54, où l’équipe du Service de sécurité incendie de Marieville lui a fait tester son nouveau simulateur virtuel d’incendie.

Éric Savard, directeur du Service de sécurité incendie de Marieville, nous a reçus à sa caserne. Accompagné de son équipe, il a présenté sa récente acquisition, le simulateur virtuel d’incendie Taktik 360.

Il est ici question d’une plateforme qui intègre quinze scénarios différents reproduisant un incendie. Il devient possible de simuler des principes de base tels que l’appel aux services d’urgence, le déclenchement de l’alarme incendie ainsi que l’exercice de maniement concret de l’extincteur adapté à la réalité virtuelle, sans les dégâts qui s’ensuivent.

Deux scénarios vécus

La première simulation testée se trouve dans un salon. Un feu de foyer, mal entretenu, a débordé. Après avoir appelé le service d’urgence et constaté qu’il n’y a pas d’alarme incendie, le produit de l’extincteur est déployé à l’aide d’un mouvement balayé, idéalement à la base du feu. La distance choisie influence également le résultat. Dans le délai de temps, le feu n’aura pas été éteint. Un rapport de performance est généré à l’issue de chaque séance, permettant de saisir les points forts et ceux à corriger.

La seconde tentative a cette fois lieu dans une industrie. Une machine électrique a pris feu. À même l’application, il faudra choisir un autre extincteur. Après avoir effectué la même démarche qu’à l’essai précédent, et fort d’une première expérience, l’extinction est entamée. Le feu diminue et la dernière flamme s’étouffe enfin. Malgré la mission accomplie, le rapport indiquera tout de même un point à corriger, celui de la distance. Globalement, l’exercice aura été ludique et instructif à la fois.

Bonnes pratiques à adopter

Éric Savard avance que le simulateur lui permettra d’éduquer la population sur les bonnes pratiques à adopter lors d’un incendie, que ce soit en milieu résidentiel, commercial ou dans tout autre environnement. Grâce aux situations immersives en divers contextes, il estime que les participants pourront mieux comprendre les comportements sécuritaires à adopter en situation d’urgence. Il voit de multiples objectifs pédagogiques à atteindre avec l’outil. « On demande à tout le monde d’avoir un extincteur à la maison, mais qui l’a déjà vraiment utilisé? », s’interroge-t-il.

À travers la démarche « moderne », le chef des pompiers envisage de toucher une plus grande tranche de la population. L’outil sera mis à la disposition du public lors de la fête nationale du Québec, au parc de Sainte-Marie-de-Monnoir. « D’après moi, ça va être un hit et on va avoir une file d’attente pour essayer le casque virtuel », prévoit M. Savard avec le sourire. Éventuellement, le personnel des résidences pour aînés fait partie des groupes qu’il désire sensibiliser. Il compte également offrir cette formation aux écoles (membres du personnel scolaire comme élèves), aux garderies ainsi qu’aux industries.

Formation qui peut s’élargir

D’autres modules peuvent se greffer à la proposition de départ. Ils concernent entre autres la formation des pompiers. « Un nouvel employé pourrait se pratiquer virtuellement sur une autopompe sans, peut-être, faire une erreur sur un véhicule de plusieurs millions de dollars », décrit M. Savard. Un bloc s’adresse même aux officiers en ce qui a trait à la prise de commandement lors d’une intervention majeure. « Le but sera de bonifier ce que l’on a déjà », précise-t-il. L’initiative pourrait faire des petits. Il est en discussion à ce sujet avec les directeurs des services incendie de villes avoisinantes. Sa caserne est l’une des premières à implanter l’outil. L’équipe du directeur s’accorde pour dire que cette technologie est intuitive.

Plus pratique ainsi

L’outil coûte environ 7 000 $. Dans le passé, Éric Savard prévoyait l’achat d’un simulateur incendie réaliste. En revanche, cela exige entre autres la présence d’une cuve métallique pleine d’eau, moins pratique dans le cadre de démonstrations. Il souligne également que le coût relié est d’environ 18 000 $. « En 2026, je trouvais que c’était limité, comme outil. Là, j’ai vu le potentiel et c’est le bon choix », confirme le directeur du Service de sécurité incendie de Marieville.