Marieville : besoin permanent de dons de sang
Héma-Québec organise régulièrement des collectes de sang dans le secteur. La quantité récupérée permet de soutenir en permanence une réserve de sang de quelques jours.
C’est un rituel. Pierrette Chagnon, bénévole pour Héma-Québec, se tient à l’entrée de la salle des Chevaliers de Colomb à Marieville pour accueillir les donneurs de sang. Elle n’est pas la seule à offrir de son temps pour la cause.
Ils sont une petite dizaine à Marieville à soutenir l’équipe de l’organisme qui, elle, s’affaire au prélèvement sanguin. « Les bénévoles s’occupent de l’accueil, de diriger les donneurs, de les surveiller après le prélèvement pour constater qu’ils vont bien, puis de la collation, explique Daniel Archambault, conseiller des collectes à Héma-Québec. Une collecte, c’est comme une recette de cuisine. Il faut des ingrédients incontournables que sont les bénévoles, les organisateurs et, bien évidemment, les donneurs. Sans bénévoles, la collecte n’est pas possible. »
Organisation
En ce jeudi après-midi, les équipes attendent une soixantaine de donneurs. « C’est notre objectif, poursuit Daniel Archambault. Nous avons 70 personnes inscrites, mais nous avons, comme les restaurants, 20 % d’annulations sans prévenir. Depuis la COVID, nous recevons les gens sur rendez-vous et cela fonctionne plutôt bien, puisque les files d’attente sont moins longues. On reçoit encore les gens qui viennent spontanément, mais les délais sont moins longs, car les donneurs sont davantage répartis dans le temps. On est passés d’un délai de 60 minutes à 45 par donneur. »
Pierrette Chagnon se mobilise à chaque collecte à Marieville. « Je n’ai pas le droit de donner mon sang, alors j’aide à ma manière, sourit-elle. Pour moi, cette cause est évidente. Cela peut aider un inconnu ou même ta propre famille. C’est comme de l’argent en banque que l’on sortira le jour où l’on en aura besoin. »
La bénévole analyse aussi les raisons qui incitent la population à ne pas donner son sang. « La piqûre fait peur. Quand ils ne savent pas comment ça fonctionne, les gens s’excluent. On s’invente aussi des excuses, comme la haute pression, mais cela n’a rien à voir. Une fois le prélèvement réalisé, des donneurs me disent toujours « C’est déjà fini? ». »
Rythme à tenir
Au Québec, les réserves sont maintenues par Héma-Québec. « Elles sont de 13 jours dans la province et de deux jours au niveau national, poursuit Daniel Archambault. Afin de maintenir la réserve dans la province, il faut réaliser mille dons par jour! Une personne a besoin d’un don de sang toutes les 80 secondes. Or, seulement 3 % de la population donne. En moyenne, un don sauve trois vies et 30 % de la population en a besoin au moins une fois dans son existence. »
À Marieville, cinq collectes sont organisées chaque année. « On ne fait pas plus, car il faut respecter un délai de récupération pour chaque donneur, ce qui représente environ entre un mois et demi et trois mois, affirme le responsable des collectes. On va donc éviter de revenir sur les mêmes zones à l’intérieur de ce délai. »
Martine Ducharme donne son sang depuis trente ans. « Je me sens choyée car je suis en santé. Donc, je donne mon sang, car je sais que cela aide les gens malades. Aujourd’hui, je suis à 105 dons. Je fais en moyenne cinq dons par année. Les femmes doivent attendre 84 jours entre deux prélèvements. »


