Les femmes de la région souhaitent l’égalité des sexes pour 2017

VALEURS. Les débats sur la culture du viol, la ministre de la Condition féminine qui ne se dit «pas féministe», l’iniquité salariale aux cabinets ministériels à Québec: 2016 fut difficile pour les femmes. Après ce dur bilan, les directrices du centre de f

Encore en 2016, l’équité salariale n’est pas atteinte. La directrice de la Maison Simonne-Monet-Chartrand, Hélène Langevin, indique qu’une bachelière gagne 88,4% du salaire d’un homme détenant le même diplôme.

Égalité des sexes, fin de la violence faite aux femmes et meilleur financement des services communautaires se trouvent aussi au cœur des revendications des groupes de femmes.

Soutenir les autochtones

Cette année, les deux organismes ont une pensée spéciale pour les femmes autochtones, nombreuses à avoir disparu depuis 30 ans, et celles victimes d’agression à Val-d’Or. Au centre Ainsi soit-elle, la directrice, Josée Daigle, a mis en place une chaîne de solidarité pour ces dernières.

«Avec nos membres, nous offrons aux femmes des mots de réconfort que nous leur transmettons. Toutes sont invitées à partager leur message au centre ou par courriel jusqu’en février», indique Mme Daigle.

Défendre les victimes

Josée Daigle prône également un meilleur traitement des victimes d’agressions sexuelles. Elle regrette que le passé des victimes retienne plus souvent l’attention sur la place publique, que l’injustice qu’elles ont subie.

La Maison Simonne-Monet-Chartrand accueille maintenant jusqu’à la 3e génération de femmes victimes de violence.

«Des besoins, il y en a toujours eu. La différence, c’est qu’ils sont de plus en plus complexes. C’est une minorité qui est hébergée seulement pour de la violence conjugale», remarque la directrice.

«Toutes les travailleuses dans les maisons d’hébergement rêvent du jour où ces établissements fermeront, car le problème sera réglé. Malheureusement, nous sommes encore utiles», constate Hélène Lanvevin.

Unité

«Nous aimerions que les hommes s’engagent activement dans la lutte pour l’élimination de la violence faite aux femmes. Les hommes doivent reconnaître qu’ils sont aussi féministes», déclare Mme Langevin.

Mme Daigle peine à comprendre que le féminisme a mauvaise presse. «Les luttes féministes ne sont pas assez enseignées. Pourtant, le mouvement des femmes a apporté tant de changements!», se désole-t-elle.

Pour arriver à changer les mentalités, Mme Langevin et Mme Daigle croient que la solution passe par l’enseignement.

Mme Langevin estime nécessaire la réintroduction des cours d’éducation à la sexualité dès le primaire.

«Il faut implanter dans les écoles quelque chose qui porte sur l’estime de soi, les relations amoureuses, la sexualité et l’égalité», ajoute Mme Daigle.