Haut-Richelieu : combattre Alzheimer en s’amusant
La Société Alzheimer du Haut-Richelieu a pour mission d’accompagner les personnes touchées par la maladie d’Alzheimer. Pour ce faire, elle organise des ateliers et diverses activités.
Comme tous les lundis matin, ils sont une petite dizaine réunis à la mezzanine du Pôle culturel de Chambly. « On fait de la stimulation intellectuelle et physique, avec de l’exercice ou des jeux, explique Suzanne Dubreuil, l’une des deux intervenantes du centre d’activités de Chambly de la Société Alzheimer du Haut-Richelieu, avec sa collègue Hélène Deloumeau. Cela les aide énormément dans leur quotidien. »
« Il faut savoir que 49 % des critères favorisant la maladie d’Alzheimer sont modifiables. » – Lucie Bérenguer
Interrogés, les participants, qui souhaitent rester anonymes, se montrent enthousiastes face aux activités. « C’est utile pour la mémoire, car il arrive qu’on oublie facilement, même nos enfants », confie l’un d’eux. Un autre ajoute : « Ça apporte du bien-être, on s’amuse beaucoup et on se fait des amis. On apprend aussi beaucoup à travers les activités. »
Si un centre d’activités est établi à Chambly, la Société Alzheimer du Haut-Richelieu est basée à Saint-Jean-sur-Richelieu. Là, une équipe élabore une politique de recrutement et d’accompagnement des personnes inquiètes, légèrement atteintes ou souffrant de la maladie. « En raison du vieillissement et des habitudes de vie, la Montérégie est l’une des régions où la prévalence de la maladie est la plus élevée, souligne Jimmy Martial, directeur adjoint au développement, à la formation et aux partenariats. Notre objectif est d’aider ces personnes à améliorer leur quotidien. »
Dépistage possible
Lucie Bérenguer, directrice adjointe aux communications, tient un discours encourageant : « Il faut savoir que 49 % des facteurs de risque liés à la maladie d’Alzheimer sont modifiables, explique-t-elle. Une mauvaise alimentation, le tabagisme, l’alcoolisme ou encore l’isolement social sont des éléments aggravants qui peuvent être corrigés. »
La Société Alzheimer a ainsi développé une stratégie d’accueil et d’accompagnement pour toute personne préoccupée par sa santé cognitive. « Les gens commencent à se poser des questions lorsqu’ils se sentent concernés, indique Nathalie Mercier, directrice générale. Certains craignent de perdre leur permis de conduire. Nos services sont ouverts à tous, même si nous nous adressons particulièrement aux 65 ans et plus, en les encourageant à adopter de saines habitudes de vie. C’est un défi, car notre société vieillit, et cela exerce une pression croissante sur le système de santé. Notre travail vise justement à l’alléger. »
L’une des premières étapes dans la reconnaissance de la maladie est le dépistage, réalisé par le test XpressO du MoCA. « Un résultat positif peut être un choc, poursuit Mme Mercier. Nous sommes là pour dire : « OK, et maintenant ? » L’objectif est de planifier les dix prochaines années : finances, assurances, médecins… Il faut aussi veiller au maintien des acquis cognitifs et aux conditions du proche aidant. »
Lyne Laporte, directrice adjointe au répit, précise que 80 % du recrutement de la société passe par ce service. « Notre objectif est d’intervenir plus tôt. Les symptômes peuvent apparaître dix à quinze ans avant le diagnostic de la maladie. »
Avec le coeur
Pour lutter contre la maladie d’Alzheimer, Nathalie Mercier souligne les initiatives de l’organisme : « On propose des activités comme des rassemblements en plein air. Ça chante, ça danse, sans jugement. On veut laisser des empreintes positives dans la mémoire des gens, car la mémoire émotive demeure intacte. Parfois, les participants ne se souviennent pas de nous, mais ils savent qu’ils se sentent bien. Et cela offre aussi un répit aux proches aidants, qui peuvent profiter d’un moment de répit avant de reprendre leur rôle. »
L’engagement de l’équipe repose souvent sur une expérience personnelle liée à la maladie. Tous partagent un même état d’esprit. « On veut changer les choses, confie Katheryne Pinsonnault, directrice adjointe au service de prévention. On s’adapte au rythme des gens, en les écoutant et en les accompagnant. C’est gratifiant de contribuer au bien-être de la communauté. Nous ne gagnons pas des fortunes, mais ce qui nous motive, c’est de voir les gens franchir notre porte. »
