Grève du communautaire : les usagers s’organisent
Le Centre d’action bénévole (CAB) de la Seigneurie de Monnoir interrompt ses services lors de la grève du communautaire. Plusieurs usagers expliquent comment s’en sortir durant la contestation qui devrait durer au total deux semaines.
« Le vendredi, c’est Martin qui vient! Il me connaît bien. Une fois, je n’étais pas là, ce qui n’est pas courant. Il a demandé à sa femme d’appeler ma fille pour voir si tout était correct. » Claudette Forest, 90 ans, utilise le service de popote roulante depuis plusieurs années.
Pour deux semaines, le Centre d’action bénévole (CAB) de la Seigneurie de Monnoir est en grève. Les services sont donc suspendus, ce que regrette la Marievilloise. « La popote roulante vient me visiter trois fois par semaine, les lundis, mercredis et vendredis. C’est pratique, car on a deux choix de plats. Comme je ne mange pas beaucoup, cela peut me faire deux repas avec une seule assiette. »
Le fait que la popote roulante ne viendra pas n’est pas crucial pour Claudette Forest, même si elle apprécie le service. « Je fais moi-même mon repas ou j’achète des plats préparés.
Mais j’aime tellement les repas de la popote roulante! Parfois, j’appelle même au téléphone pour leur dire que c’était bon! Les menus sont diversifiés. Je ne peux pas croire que ce service pourrait disparaître dans une place comme Marieville. »
Prévoyance
Si elle bénéficie de ce service, la nonagénaire connaît bien la structure. « J’ai fait beaucoup de bénévolat au comptoir du bénévolat. Je suis aussi contente de donner mon linge pour aider les autres. J’ai pu prendre conscience que les bons alimentaires sont importants. »
De son côté, Francis Pouliot utilise les bons alimentaires au rythme d’une fois par mois. « Le CAB m’a prévenu que la grève allait arriver. Je devais donc vite venir chercher ma nourriture. » À 66 ans, l’ancien sportif apprécie l’aide communautaire en raison de sa situation. « J’ai eu une maladie grave, explique-t-il. À l’heure qu’il est, je devrais être mort. Mais je suis aujourd’hui guéri. Dans ma jeunesse, j’ai pratiqué les sports extrêmes, ce qui a eu un lourd impact sur mes genoux. »
Retraité, Francis Pouliot est bricoleur et arrive à s’en sortir, mais il confie que l’appui du communautaire est important. « Pour ma santé, je fais attention à ce que je mange. Je ne gaspille pas. D’ailleurs, lorsque je vais chercher mes colis, les filles me connaissent et me mettent du poisson de côté, sourit-il. Si le service venait à s’arrêter, il faudra à tout prix me trouver un travail. D’ailleurs, j’attends une réponse pour savoir si l’état de mes genoux peut s’améliorer. Si le service devait s’arrêter, en aucun cas je ne volerais dans un magasin, mais j’aurais de la misère. »
Pas le choix
Maryse Borduas, 72 ans, doit se rendre à l’hôpital régulièrement pour des raisons de santé. « Je suis cliente du CAB depuis 2016. J’utilise le service de transport de la structure et j’ai toujours eu un service impeccable pour aller à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont à Montréal pour un prix raisonnable. »
Or, la Marievilloise assure que les conditions sont plus difficiles ces derniers temps. « Je dois aujourd’hui me rendre à l’hôpital Charles-Le Moyne, à Longueuil, toutes les semaines pour mon traitement. Avec le don du gouvernement, je payais l’aller et le CAB dédommageais pour le retour. Or, l’aide financière s’est épuisée et je dois payer 80 $ pour l’aller et le retour. Ce n’est pas dans mes moyens financiers! » Maryse Borduas comprend le mouvement de grève et demande au gouvernement d’agir. « Nous avons besoin de subventions de notre gouvernement pour aider tous les gens qui doivent suivre des traitements ou pour aller à des examens médicaux avec le service du CAB de la Seigneurie de Monnoir. Ces soins sont primordiaux! »
