Éducation : motivés même en vacances pour des cours d’été
Des enseignants du Centre de services scolaire des Patriotes se mobilisent depuis le début des vacances estivales pour aider les élèves en difficulté. Un dévouement qui s’explique de différentes manières.
Alors que le mois de juillet présente les conditions idéales pour se reposer au bord d’une piscine, l’ordinateur continue de tourner à plein régime chez Véronique, enseignante au Centre de services scolaire des Patriotes (CSSP). Elle vient en aide régulièrement aux élèves en difficulté. « Les élèves qui suivent des cours d’été ont une dernière chance de réussir leur année. Ce sont ceux qui ont le plus besoin d’aide. En plus, l’été, c’est plus tranquille, alors on peut prendre un peu plus de temps. Et on ne dit pas non au petit boost de salaire. »
Comme Véronique, plusieurs enseignants ont fait ce choix. Un phénomène que comprend totalement Éric Plourde, président du Syndicat de l’enseignement du Haut-Richelieu (SEHR). « Certains enseignants sont épuisés à la fin de l’année scolaire, d’autres non. Tant mieux pour ces derniers. En termes de conditions de travail, je suis plutôt neutre quand je vois des enseignants travailler avec les élèves pendant les vacances estivales. Bien souvent, c’est la passion qui les motive. »
Reconnaissance du travail
Néanmoins, le responsable syndical reste vigilant quant à la reconnaissance du travail. « Mon unique souci est de prendre en compte le temps de préparation des cours et les évaluations. Il faut que le temps soit suffisant pour bien préparer les cours et qu’il ne soit pas bénévole. »
De son côté, Marie-Alexia, aussi enseignante au CSSP, a choisi de rejoindre l’organisme à but non lucratif Alloprof, qui aide les élèves grâce à sa plateforme en ligne. « Mon conjoint travaille encore alors que je suis en vacances. Alloprof me permet de rester active dans mon domaine pendant cette période. Les emplois d’été en enseignement se limitent souvent aux cours d’été ou au tutorat. La rémunération est intéressante, je fais ce que j’aime, et je peux le faire à distance, sans me déplacer. »
Mathilde voit aussi de nombreux avantages à travailler durant l’été. Enseignante depuis 2018 au sein du CSSP, elle a rejoint l’équipe d’Alloprof l’hiver dernier. « Je travaille dans une école défavorisée, donc, c’est un plaisir pour moi de pouvoir continuer avec des élèves en difficulté chez Alloprof et de les faire apprendre. C’est une bonne source de revenus supplémentaires. On travaille dans une ambiance amusante et j’aime pouvoir travailler de la maison. On peut aussi aider les élèves qui veulent saisir leur deuxième chance. »
Beaucoup de demandes
Responsable entre autres de la formation à l’organisme Alloprof, Élia Martineau explique ce qu’elle recherche chez un enseignant. « Ce sont des personnes déjà à l’emploi et passionnées. Elles sont rémunérées selon leurs années d’ancienneté. Notre réseau leur permet aussi d’accéder à un bassin important d’élèves. L’été dernier, un million de jeunes sont venus s’outiller chez nous afin de préparer leurs examens ministériels. Enfin, les jeunes professeurs peuvent se mettre au défi de mettre en pratique ce qu’ils viennent d’apprendre. Au bout du compte, un élève qui comprend un exercice représente en quelque sorte l’état de grâce d’un enseignant. »
Enfin, Véronique souligne l’engagement de ses pairs pour la cause des jeunes. « On a eu un ministre de l’Éducation qui est venu répondre à nos appels, une année. Ce serait bien que le ministre actuel vienne faire son tour pour voir à quel point les élèves de la province ont besoin de soutien. »
