Édito : 60 ans de mémoire
En 1966, les Canadiens de Montréal remportaient une deuxième Coupe Stanley consécutive en défaisant les Red Wings de Détroit en six parties. La télévision de Radio-Canada passait à la couleur. Montréal inaugurait son métro. Une époque que les gens de 20 ans ne peuvent pas connaître. Et Chambly, en ces temps-là… La ville voyait naître la toute première édition de Le Journal, ancêtre du Journal de Chambly. Véritablement lancé par Raymond Blaquière, le journal livrait son premier numéro le 3 mai 1966, couvrant non seulement Chambly, mais aussi Richelieu, Saint-Mathias-sur-Richelieu, Marieville, Carignan, Saint-Hubert et même Brookline, alors quartier de Saint-Hubert.
Le Journal acquiert très vite ses lettres de noblesse et en 1977, Jean-Paul Auclair achète le Journal de Chambly. Au milieu des années 80, c’est son fils, Michel Auclair, qui prend possession de l’édition avec d’autres journaux appelés les Hebdos Montérégiens. En 2011, Québecor Média annonce l’acquisition, par sa filiale Corporation Sun Media, du Journal de Chambly. Deux ans plus tard, TC Media, une filiale de Transcontinental, achète à son tour la publication avec 72 autres hebdomadaires de Québecor. Depuis 2017, l’aventure du Journal de Chambly se poursuit avec Philippe Clair, l’éditeur du journal, qu’il a acheté à TC Media.
C’est en se remémorant quelques événements que l’on se rend compte qu’en 60 ans, il peut s’en passer, des choses, et que le journal en est la mémoire. Qui se rappelle qu’en 1966, une dizaine de majorettes ont été asphyxiées au cours de la parade de la Saint-Jean en suivant à pied un tracteur diesel qui traînait un char allégorique? Même si elles ont fini par perdre connaissance, je rassure tout le monde : elles ont été réanimées par un médecin avec de l’oxygène.
Il est possible qu’aujourd’hui, cette histoire circule dans quelques familles autour de Chambly, sans que l’on y prête attention, pensant que le tout est enjolivé par un vieil oncle ou une vieille tante. Pour ceux qui veulent lire l’histoire au complet et qui n’ont jamais cru ceux qui l’ont racontée, allez voir à la bibliothèque de Chambly et demandez l’édition Le Journal publiée le 28 juin 1966. Vous y lirez l’histoire et peut-être voudrez-vous en savoir plus auprès de vos proches.
C’est ça, 60 ans d’histoire d’un journal. C’est 60 ans d’histoire d’une communauté qui traverse le temps. C’est trouver des explications à l’origine du nom d’une rue, d’un bâtiment, d’une école. C’est entrer en relation avec les personnes qui ont vécu il y a 60 ans et interagir, non pas derrière un écran, mais autour d’une table, d’un verre ou au coin du feu, auprès de ses proches : c’est peut-être ce que l’on appelle le tissu social.
Les paroles s’envolent, mais les écrits restent. Aujourd’hui, ce sont 60 ans d’histoire de Chambly et des villes limitrophes que le Journal de Chambly souhaite célébrer.
Bien plus que l’anniversaire d’un journal, c’est la mémoire d’une communauté qui est gravée (ou numérisée) à jamais dans nos bibliothèques à travers nos médias.
Et pour ceux qui voudraient en savoir plus sur les majorettes du défilé de la Saint-Jean en 1966, comme sur les 60 ans d’actualité couverte par Le Journal et le Journal de Chambly, allez fouiller dans les archives précieusement conservées à la bibliothèque de Chambly. Et s’il manque une édition, ce qui peut arriver, la Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) se chargera de vous permettre de consulter sur place le journal manquant.
