Chronique : la maison du 14, rue De Richelieu et la peintre Sarah Robertson
Parmi les belles demeures historiques de la rue De Richelieu, celle qui est au numéro 14 est l’une des plus intéressantes.
En 1812, les États-Unis déclarent la guerre à la Grande-Bretagne et projettent d’envahir le Canada. Comme on croit que les Américains viendront par la voie de la rivière Richelieu, les autorités décident de construire à Chambly un vaste complexe militaire d’une cinquantaine de bâtiments qui servira de quartier général à l’armée.
La maison de pierres au numéro 14, érigée en 1814, est celle qui a le plus conservé ses caractéristiques d’origine. Connue comme étant la maison du Commissariat ou du Commandant, elle comprend une voûte sécuritaire grillagée au sous-sol, installée en 1842. Des carreaux des fenêtres seraient d’époque. Une longue galerie faisait autrefois le tour de la maison. En 1922, l’architecte Dennis Thacker transforme la toiture, les lucarnes.
La nécessité d’une présence militaire à Chambly n’a plus lieu d’être et le gouvernement se départit de ses propriétés. En 1888, la maison du 14, De Richelieu est acquise par le montréalais John Robertson, qui en fait sa résidence secondaire et, par la suite, sa résidence permanente.
Sa fille, Sarah, est l’une des membres fondatrices du Groupe du Beaver Hall, un regroupement, formé en 1910, de 19 peintres incluant 8 femmes. Sarah Robertson (1891-1948) a été boursière de l’Art Association of Montreal. Elle a étudié avec de grands maîtres, notamment Maurice Cullen, qui a son studio à Chambly (26, De Richelieu); elle a participé à des expositions du célèbre Groupe des Sept. Ses paysages à l’huile font partie des collections des grands musées canadiens.
Le Fonds d’archives Alison-Rolland au Musée des beaux-arts de Montréal offre un témoignage inédit de la présence de la famille Robertson à Chambly.
