Chronique histoire : l’École des Demoiselles de Madeleine Brousseau (1785-1833)

En collaboration avec Joëlle Thérien, Société d’histoire de la seigneurie de Chambly

Née à Yamachiche, Madeleine Brousseau aurait débuté sa carrière d’institutrice vers 1808 ou 1809 dans la région de Trois-Rivières. En 1828, elle est propriétaire d’un bâtiment de deux étages et d’un terrain situé sur la rue Martel. Elle avait déjà engagé un maçon afin d’effectuer des travaux pour aménager une école et un pensionnat dans ce qui était possiblement une auberge. 

Appuyée par le curé et quelques notables, elle dirige la première école pour filles de Chambly qui accueille une soixantaine d’élèves, dont une vingtaine de pensionnaires. Dès le début, elle s’associe avec Ursule Vaillancourt, une autre institutrice laïque. Des sœurs de la Congrégation Notre-Dame-de-Montréal enseignent aussi dans cette école dont les journées sont rythmées par les prières et le son des cloches de l’église. Les élèves y apprennent le français, les mathématiques, l’anglais, la géographie, l’histoire et les arts ménagers. Elles sont également initiées à la danse, aux arts plastiques, à la musique et aux travaux d’aiguille. L’École des Demoiselles jouit d’une très bonne réputation, si bien qu’elle attire des protestantes américaines qui viennent y apprendre le français. 

Durant sa carrière, Madeleine Brousseau aurait enseigné à près de 3 000 élèves de différentes classes sociales. Une pensionnaire raconte qu’elle était une femme respectée avec un bon caractère. À son décès en 1833, Madeleine Brousseau lègue ses biens à Ursule Vaillancourt, qui prendra sa relève avant la fermeture de l’établissement en 1837. La cause de la fermeture est probablement liée à la suppression, par le gouvernement, de l’aide aux écoles en 1836.

En 2016, des parents et des élèves ont choisi le nom de Madeleine Brousseau pour une nouvelle école à Chambly. Ce geste de reconnaissance permet à cette pionnière de l’éducation de ne pas sombrer dans l’oubli!