Chronique : Emmélie Boileau, femme patriote
Emmélie Boileau tenait des assemblées armées à Chambly pendant les événements patriotes de 1837. C’est grâce à un texte des Mémoires de Robert S.-M. Bouchette, qui relate son arrivée chez elle en novembre 1837, que nous l’apprenons :
« Après beaucoup d’hésitation, on nous permit de franchir le seuil de la porte, et nous fûmes admis dans une grande salle où se trouvait beaucoup de monde. À peine y étions-nous entrés, que nous vîmes les personnes qui occupaient le fond de la salle se diviser respectueusement pour laisser passer une dame qui s’avançait vers nous avec calme et dignité. Elle tenait dans sa main droite un pistolet dont le canon reposait sur son bras gauche. M. Drolet me présenta à madame Kimber. »
(…) Madame Kimber, dont la physionomie et le maintien étaient empreints d’une noble fermeté, s’entretint avec moi de l’événement de la veille, la délivrance de Davignon et de Démarays par le vaillant Bonaventure Viger sur le chemin de Longueuil. «
La mention de l’incident permet de situer la rencontre le 19 novembre.
Née à Chambly en 1785, fille aînée de René Boileau et d’Antoinette de Gannes de Falaise, Emmélie épouse, à 38 ans, le docteur Timothée Kimber, de onze ans son cadet. Ils semblent former un couple uni, ils auront deux enfants : une petite fille, Emmélie, qui décède en bas âge, et un fils, Pierre Hector.
Timothée Kimber, un leader patriote de Chambly, est présent à la bataille de Saint-Denis le 23 novembre. Arrêté le 7 décembre 1837, il sera libéré le 11 juillet 1838.
Des textes témoignent du harcèlement des soldats anglais subi par madame Kimber jusque chez elle pendant l’incarcération de son mari.
La Société d’histoire de la seigneurie de Chambly présente, le dimanche 26 avril à 13 h 30, Le patriotisme en jupon, avec la romancière historienne Anne-Marie Sicotte, au Pôle culturel.
