Chambly : vivre ensemble malgré la maladie
Patrick Gareau et Nancy Goosney vivent ensemble. Tous deux atteints d’une maladie grave, ils veulent réunir assez d’argent pour aménager leur maison afin de faciliter leur quotidien et ne pas se quitter.
Patrick Gareau et Nancy Goosney filent le parfait amour depuis trente ans. Une idylle qui a commencé à Chambly. « J’étais locataire de sa propriété, se souvient Nancy Goosney, originaire de Chicoutimi. Il cédait toujours à mes demandes pour aménager mon espace. » À ses côtés, Patrick Gareau sourit, le regard discret mais un brin souriant.
Au fil des années, le couple s’est renforcé au point de former une famille recomposée de huit membres aujourd’hui. « Patrick et moi sommes très complices, poursuit Nancy, 66 ans. Nous avons toujours cette joie de vivre malgré les difficultés actuelles. Je pense que c’est pour cela que je suis encore en vie. »
En 2019, un diagnostic tombe. Nancy est atteinte d’un cancer du sein. « Les médecins m’ont donné un an à vivre, mais j’ai brisé les pronostics. Lorsque j’ai appris la nouvelle, c’était la fin du monde. Je suis manieuse de chiens, c’est-à-dire que je les prépare à être exposés à des expositions canines. J’ai dû me séparer d’une grande partie de mon élevage, c’était vraiment difficile. J’étais toujours fatiguée, mais Patrick a toujours été présent. Il travaille dans l’informatique et il a pu rester en télétravail durant le confinement lié à la COVID. »
Dépenses à assumer
À son tour, Patrick Gareau, 57 ans, est touché par la maladie, la sclérose latérale amyotrophique, qui laisse une espérance de vie de 3 à 5 ans. « Cela a commencé par un accident au pied, j’avais le pied tombant. Cela a duré deux ans avant d’avoir un diagnostic. J’ai attendu un an avant de pouvoir consulter un neurologue. Les médecins ne savaient pas ce que j’avais et finalement, cela fait six mois que la sclérose latérale amyotrophique est officialisée. J’ai perdu l’usage de mes jambes et je devrais perdre l’usage de mes bras dans quelques semaines. C’était très long avant que je puisse consulter un spécialiste. Si j’avais pris les médicaments avant, mon état serait certainement meilleur. »
La course contre la montre est lancée pour le couple afin d’aménager sa maison pour continuer à y vivre adéquatement. « Ils ne peuvent pas vivre ensemble dans une maison de soins, car leurs problèmes sont différents, regrette Maude Bisaillon, la fille de Patrick. C’est pourquoi j’ai décidé de lancer une cagnotte afin de les aider à réaliser ce projet. »
Famille présente
Patrick avait déjà commencé des travaux à l’arrière de la maison pour du loisir. Ce sera finalement sa future chambre. « Nous avions déjà aménagé la salle de bain à l’étage pour que la chaise roulante puisse entrer dans la douche, explique-t-il. Cela avait représenté 30 000 $. Il faudra en faire de même en construisant une autre salle de bain au rez-de-chaussée. Ce sont des investissements lourds que l’assurance ne couvre pas. Elle s’occupe uniquement des médicaments. On a aussi installé une chaise avec un rail pour que je puisse monter l’escalier. Dans toutes ces dépenses, nous n’avons eu aucune subvention du gouvernement. »
Alors que ce défi doit être réalisé en un temps jugé court, Nancy Goosney ne veut pas être séparée de son conjoint. « Je prie chaque jour pour que je sois encore là afin de m’occuper de lui quand la maison sera prête. Mes métastases se propagent dans mon corps. » Néanmoins, le couple n’est pas seul. « Deux de mes garçons ont mis leur vie sur pause pour s’occuper de nous, souffle-t-elle. Cette aventure nous a considérablement rapprochés. Nous sommes encore joyeux, nous avons des projets. J’ai encore l’impression que nous sommes un jeune couple. »
La cagnotte « Rester ensemble. Jusqu’au bout. Patrick et Nancy » est en ligne sur Internet à l’adresse https://www.gofundme.com/f/patrick-et-nancy.
