Chambly : une sécurité en question autour des installations municipales
Le décès d’un enfant, la semaine dernière sur la butte à neige de Chambly, pose la question sur la sécurité autour des installations récréatives municipales. Peut-on faire encore mieux en la matière?
Lundi dernier, un enfant est décédé sur la butte à neige à Chambly, théâtre insoupçonnable d’une telle tragédie pour une famille. Même si l’émotion est encore vive, des questions se posent. Comment peut-on améliorer la sécurité sur le site?
Interrogée, la Ville de Chambly préfère attendre et laisser l’enquête suivre son cours avant de communiquer sur le sujet. Le règlement peut-il changer? Des infrastructures seront-elles installées pour améliorer la sécurité? « Nous allons attendre les recommandations qui seront formulées par les différentes instances à la suite des enquêtes effectuées. Pour l’instant, les activités extérieures au parc Robert-Lebel demeurent suspendues, par mesure de précaution. » Aussi, l’administration a décidé de ne pas rajouter de commentaire « par respect pour la famille et afin de ne pas nuire au travail des autorités ». Le coroner a ouvert une enquête.
Clôtures
Le journal a interrogé d’autres villes du territoire afin de savoir comment elles assurent la sécurité de leurs pistes de glisse. À Saint-Césaire, le maire, Sylvain Létourneau, estime que l’endroit est très sécuritaire. « La butte possède une descente plane pour glisser et des bosses pour les utilisateurs de planche. On a installé des clôtures devant un ruisseau pour éviter que les gens ne finissent leur course dedans. »
Outre la butte, la Ville possède aussi une patinoire. « On l’a entourée d’un anneau de glace afin que ceux qui veulent juste patiner puissent profiter tandis que d’autres jouent au hockey, poursuit Sylvain Létourneau. En début de saison, le Service des travaux publics a sécurisé l’ensemble des pistes. »
À Richelieu, les équipements sportifs et de loisirs sont moins nombreux, mais la question se pose aussi. « Les seuls endroits où il pourrait y avoir un enjeu seraient la piscine municipale et la patinoire extérieure, confie le maire, Jacques Ladouceur. Concernant la piscine municipale, des sauveteurs sont là pour veiller. »
La patinoire, elle, n’est pas surveillée. Libre d’accès, comme beaucoup d’équipements municipaux sur le territoire, l’espace est sous la surveillance des citoyens en autogestion. « Un règlement y est instauré, poursuit le maire richelois. On ne peut pas mettre de surveillant par manque de moyens, mais si la patinoire était réfrigérée et disponible toute la saison, ce serait un autre débat. Mais à un moment, il faut que les parents se responsabilisent. On ne va pas mettre des clôtures tout le long de la rivière Richelieu pour éviter que les gens se jettent à l’eau. »
Le maire Sylvain Casavant confie avoir reçu plusieurs demandes des citoyens de Saint-Mathias-sur-Richelieu concernant une butte au bout du parc Roger-Bélisle pour justement en faire des pistes de glissade durant l’hiver.
« Le drame de Chambly nous conforte dans l’idée qu’il faille encadrer davantage cette activité. On ne peut pas improviser des buttes à neige. »
Demandes de citoyens
Pour pourvoir l’obtenir, le maire mathiassois énumère les exigences principales en matière de sécurité. « On ne connaît pas le fond de la butte, c’est-à-dire ce qu’il y a sous la terre. Aussi, il faut baliser l’ensemble de la piste et organiser le site pour s’assurer que tout le monde monte et descend du même côté. »
Aussi, Sylvain Casavant souhaiterait installer des surveillants en haut et en bas de la piste. « Nous n’avons pas les infrastructures nécessaires et il faut des moniteurs formés. Ce n’est pas forcément une raison financière. De plus, on veut s’assurer que personne ne glisse hors des heures d’ouverture. C’est un risque que l’on ne veut pas courir. »
Mais la butte n’est pas l’unique demande des Mathiassois. « D’autres citoyens voulaient emprunter les berges de la rivière au niveau du quai fédéral, poursuit le maire. Le but est de se promener sur la glace. Mais nous avons refusé pour des raisons de sécurité. Nous ne sommes pas spécialistes en la matière et les conséquences peuvent être très graves. »
Enfin, tous ont eu un mot pour les membres de la famille endeuillée. « On pense beaucoup à eux. C’est très triste. »
