Chambly : un réseau routier qui doit composer avec les trottinettes électriques

L’avènement des trottinettes électriques dans le réseau routier suscite des questionnements chez des citoyens qui craignent des accidents liés à la façon d’utiliser ce mode de transport.

La Ville de Chambly confirme avoir reçu des plaintes récemment au sujet des trottinettes électriques. Des Chamblyens relatent ce qu’ils observent de la part d’utilisateurs de ce moyen de transport. « Certains conducteurs ont parfois moins de 14 ans et ne portent pas de casque de sécurité. Ils ont des écouteurs sur les oreilles. Aussi, leur vitesse atteint souvent 45 km/h et ils ne font pas les arrêts obligatoires aux coins des rues », nous raconte un citoyen de la rue Briand.

Vers 23 h 30, Diane était en voiture sur l’avenue Bourgogne. Elle devait tourner à droite sur la rue Caron. « Deux jeunes sont apparus sur leurs trottinettes sans lumière. Je les ai vus à la dernière minute. Si j’avais tourné, je les aurais frappés », décrit-elle. Diane remarque le nombre grandissant de ce genre de mode de déplacement. « Il va arriver un accident éventuellement », s’inquiète-t-elle.

Assurer la visibilité

Le citoyen de la rue Briand observe qu’il y a plusieurs endroits à Chambly où la végétation ou les clôtures masquent les pistes cyclables après une dizaine de pieds. « Comme ces trottinettes roulent vite et que les arrêts obligatoires ne sont pas respectés, cette distance est vite parcourue. Malgré le fait que mon épouse et moi respections les arrêts obligatoires, nous avons failli frapper à plusieurs reprises ces conducteurs qui roulaient à vitesse élevée. Souvent, ils nous coupent à une distance de deux pieds du pare-chocs alors que nous démarrons après notre arrêt », rapporte-t-il.

La Ville indique cibler les intersections problématiques et exige des propriétaires qu’ils taillent ou retirent leur végétation lorsque nécessaire afin de contribuer à la visibilité des usagers, et ce, peu importe le mode de transport utilisé. Chambly fonctionne également par réception de plaintes concernant les intersections problématiques. Ces plaintes sont ensuite étudiées par la table consultative municipale sur le transport et la mobilité active.

La Ville précise que les intersections doivent disposer d’un triangle de visibilité, c’est-à-dire un espace libre de tout obstacle situé au coin d’une intersection. « Celui-ci permet aux conducteurs de bien voir les autres véhicules, les piétons ainsi que les autres usagers de la route, contribuant ainsi à prévenir les accidents. En matière d’urbanisme et de sécurité routière, les règlements municipaux établissent, pour cette zone, une hauteur maximale d’un mètre pour les haies, ainsi qu’une largeur de six mètres à partir du coin d’une propriété située à une intersection pour les clôtures et les arbres », explique Chambly.

Présence policière

Santé Québec Montérégie-Centre n’a pas de catégorie regroupant les accidents impliquant des trottinettes électriques. L’organisation gouvernementale n’est donc pas en mesure de fournir des statistiques sur le nombre de personnes traitées pour des événements liés aux trottinettes électriques. Le citoyen de la rue Briand souhaiterait que la police priorise ce « fléau sur roues » avant que des accidents graves, voire mortels, ne surviennent.

La Régie intermunicipale de police Richelieu-Saint-Laurent mentionne que la présence des trottinettes électriques n’alourdit pas son travail. « Bien entendu, ce nouveau moyen de transport vient avec sa propre réglementation. Des efforts ont été déployés de notre côté afin de mieux informer la population, notamment en milieu scolaire. Cette réglementation est appliquée dans les tâches quotidiennes de nos patrouilleurs, qui disposent d’outils de référence à cet égard », fait savoir Philippe Lapointe, de la Régie de police. Il rappelle qu’il est du devoir des usagers de s’informer sur les normes et les règlements lorsqu’ils utilisent un moyen de transport sur la voie publique. Il les invite à consulter la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ).

Victimes à la hausse

La SAAQ a partagé les données concernant les victimes (décédées ou blessées) parmi les utilisateurs de trottinettes électriques ou d’un autre appareil de transport personnel motorisé (ATPM) pour les années 2023 à 2025, par région administrative. En Montérégie, le nombre de victimes s’élève à 7 en 2023, à 18 en 2024 et à 31 en 2025. Est considéré comme un ATPM tout appareil de transport muni d’au moins une roue, exclusivement propulsé par des moteurs électriques et dépourvu d’un habitacle fermé par une matière rigide ou souple, transparente ou opaque. La motocyclette et le cyclomoteur, la bicyclette assistée, l’aide à la mobilité motorisée, le véhicule-jouet motorisé et le véhicule hors route ne font pas partie des ATPM.

Règlementations

Pour circuler à trottinette électrique sur les routes et sur certaines pistes cyclables, il faut être âgé d’au moins 14 ans et avoir sur soi un document attestant l’âge. Il faut porter un casque protecteur correctement ajusté et solidement attaché. La vitesse légale permise est de 25 km/h ou moins en tout temps. Il est interdit de porter d’écouteurs, tirer une remorque, transporter de passagers, tirer ou pousser tout autre objet ou toute autre personne, circuler sur un chemin public où la vitesse permise est supérieure à 50 km/h, faire usage d’un écran d’affichage, d’un téléphone cellulaire ou de tout autre appareil portatif conçu pour transmettre ou recevoir des informations ou pour être utilisé aux fins de divertissement. L’utilisation est cependant permise si l’appareil est adéquatement installé, de façon sécuritaire, sur l’ATPM et qu’il diffuse uniquement des informations nécessaires au déplacement ou liées au fonctionnement des équipements.

Principales causes d’accidents

Les principales causes d’accidents impliquant un véhicule routier ou un ATPM sont les suivantes. Le comportement en cause peut avoir été commis par l’utilisateur d’un ATPM, par le conducteur du véhicule, ou par les deux :

  • Pour 62 % des utilisateurs d’un ATPM blessés ou tués dans une collision routière entre 2023 et 2025, la distraction était mentionnée parmi les deux causes principales de la collision.
  • Pour 24,3 % des utilisateurs d’un ATPM blessés ou tués dans une collision routière entre 2023 et 2025, la cause  » N’a pas cédé le passage  » était mentionnée parmi les deux causes principales de la collision.
  • Pour 21,4 % des utilisateurs d’un ATPM blessés ou tués dans une collision routière entre 2023 et 2025, l’une des causes  » N’a pas fait un arrêt obligatoire  » ou  » A passé sur un feu rouge  » était mentionnée parmi les deux causes principales de la collision.
  • Pour 14,1 % des utilisateurs d’un ATPM blessés ou tués dans une collision routière entre 2023 et 2025, la cause  » Autre comportement imprudent  » était mentionnée parmi les deux causes principales de la collision.
  • Pour 6,2 % des utilisateurs d’un ATPM blessés ou tués dans une collision routière entre 2023 et 2025, la cause  » Visibilité obstruée, éblouissement  » était mentionnée parmi les deux causes principales de la collision.
  • Pour 5,8 % des utilisateurs d’un ATPM blessés ou tués dans une collision routière entre 2023 et 2025, la vitesse (c.-à-d. l’une des causes  » Excédait la vitesse permise  » ou  » Conduite/vitesse imprudente « ) était mentionnée parmi les deux causes principales de la collision