Chambly : un projet lié à l’itinérance en vue
Pour contrer le phénomène de l’itinérance, plusieurs organismes chamblyens songent à créer un point de refuge.
L’hiver approche. Pour le rappeler, la Nuit des sans-abris a tenu sa 36e édition vendredi dernier. Son but est de sensibiliser le grand public au phénomène de l’itinérance, que le conseiller municipal chamblyen Serge Savoie estime en augmentation.
« Depuis la pandémie, le milieu social et communautaire s’organise, car la pandémie est davantage présente. Certains dorment dans leur voiture, chez des amis… C’est une itinérance cachée. Ainsi, des organisations se concertent pour proposer quelque chose afin d’accueillir les victimes. »
Des initiatives existent déjà à Chambly. Mais Serge Savoie veut quelque chose de plus grand. « Des haltes chaleur sont en place, assure-t-il. Elles permettent d’accueillir des gens lorsqu’il fait -20 degrés, cela évite de dormir dans un banc de neige. Mais ces endroits ne sont pas suffisants, vu la crise que nous sommes en train de traverser. Il faut ouvrir quelque chose à Chambly pour que les gens puissent y dormir. Cela prend davantage de subventions. »
En attendant, les personnes sans domicile peuvent trouver refuge ou simplement de l’aide dans divers endroits comme Posa/Source des Monts. « Des trousses sont fournies, poursuit Serge Savoie. Elles comprennent un sac de couchage, un matelas de sol, gants, bas ou encore une tuque. Le nécessaire pour passer une nuit au chaud. Depuis l’hiver dernier, il est possible de se ressourcer à Saint-Jean-sur-Richelieu, mais ce n’est pas forcément facile de s’y rendre, même si un système de taxis existe. »
Public varié
Nathalie Grenier, directrice de la Table itinérance Haut-Richelieu-Rouville, confirme que l’itinérance en région est différente de celle en milieu urbain. « L’itinérance en milieu urbain est plus visible, puisque les gens ont des endroits pour se poser durant la journée, espaces publics (bibliothèques, par exemple), restaurants, etc. Ce qui est plus difficile pour les personnes en milieu rural, d’où une itinérance dite cachée. »
Dans le but d’aider ces personnes, la Table itinérance se mobilise afin de se préparer au mieux pour la saison froide. « Cet été, nous avons tenu une rencontre avec les organismes qui œuvrent sur le territoire de Chambly, Carignan et Rouville afin d’avoir un portrait de la situation. Il en est ressorti qu’il y a peu de personnes en situation d’itinérance dite visible sur l’ensemble du territoire. Celles qui sont visibles se compteraient sur les doigts d’une main. Toutefois, l’itinérance cachée étant difficile à détecter, il y a fort à parier qu’il y en a plus de ce côté-là. Nous assurons une vigie à cet effet pour assurer un service à ces personnes, lorsqu’elles le désirent. »
L’itinérance est la conséquence de plusieurs facteurs dans la région de Chambly. Et le profil type de la personne sans abri n’existe pas forcément. « Les causes de l’itinérance sont multiples, mais la toxicomanie et la santé mentale sont souvent au cœur de la problématique, regrette Nathalie Grenier. Actuellement, le coût des loyers et leur rareté font également partie de l’équation. Les séparations peuvent également mener à l’itinérance. Parmi les victimes du phénomène, la tranche d’âge moyenne se situe entre 35 et 55 ans. Plusieurs jeunes, entre 18 et 20 ans, et des personnes âgées (70 ans) se retrouvent dans la rue. Il y a même des familles. »
Mobilisation des services
Pour lutter contre l’itinérance, les pouvoirs publics et le monde communautaire se serrent les coudes. « La Table de concertation en itinérance Haut-Richelieu-Rouville, qui regroupe des organismes communautaires, la MRC, le CISSSMC, des représentants des élus provinciaux et fédéraux, les services de police et quelques municipalités, tous travaillent de concert pour créer un filet de sécurité à ces personnes et veiller sur celles qui pourraient être à risque de se retrouver en situation d’itinérance, assure la directrice. Le phénomène est extrêmement complexe et demande une panoplie de services que les finances ne permettent pas toujours. »
Pour Nathalie Grenier, la région n’échappe pas à la règle malgré les efforts. « À Chambly, il y a la Maison Stéphane Fallu qui accueille les jeunes lorsqu’ils sortent du Centre jeunesse. Cela constitue une transition entre la vie en institution et la prise en charge de sa vie d’adulte. Il faudrait une auberge du cœur pour soutenir les jeunes qui vivent des situations familiales difficiles, ressource qui permettrait également d’agir en prévention. Bref, les besoins sont infinis. »
En cas d’itinérance, contactez le 450 346-0111.


