Chambly : un jeune entrepreneur qui lave les bacs de poubelle
Émerik Cholette-Maher vient de lancer son activité de lavage de bacs de poubelle et de recyclage. Son agenda se remplit tranquillement, mais sûrement.
Émerik Cholette-Maher a 11 ans. Le jeune Chamblyen a décidé de meubler une partie de ses vacances scolaires en gagnant de l’argent. « Mon frère et ma sœur aînés travaillent déjà. Je veux faire comme eux. Mon grand-père avait proposé à mon frère de laver les bacs de poubelle pour faire de l’argent de poche quatre ans auparavant. L’idée n’avait pas été plus loin, alors je l’ai reprise. »
Depuis le mois de juin, armé de ses gants, de sa tenue de travail et de sa casquette, Émerik Cholette-Maher s’en va travailler dans les rues de Chambly, mais aussi dans les villes environnantes. « On a laissé des posts sur les réseaux sociaux et les gens ont bien réagi, sourit-il. On va à Marieville, mais j’ai aussi de la demande à Rougemont ou encore à Richelieu. Les gens sont très contents et me laissent du pourboire de manière assez généreuse. Une personne m’a même donné un compresseur pour m’aider dans mon travail. »
Clients en hausse
Sa réputation gagne du terrain et le portefeuille client augmente. « On doit établir un agenda désormais, car il arrive que nous ayons plusieurs clients par jour, poursuit-il. Les gens sont satisfaits, car je suis minutieux, c’est ma priorité. »
Laver les bacs n’est certainement pas l’emploi rêvé pour un jeune de 11 ans, mais le Chamblyen y voit des avantages. « C’est vrai que, parfois, cela me dégoûte, mais j’ai des gants, explique-t-il. Parfois, je dois aussi me lever tôt pour aller voir les clients. Mais avec l’argent gagné, j’ai pu économiser et acheter une chaise pour jouer aux jeux vidéo, une machine à crème glacée, et me faire percer les oreilles. Cela m’aide aussi lorsque nous partons en camping. En plus, cela me fait travailler mon relationnel avec les clients. »
Aujourd’hui entrepreneur, Émerik Cholette-Maher se voit exercer une autre profession dans l’avenir. « J’aimerais être avocat, car je suis bon pour défendre le monde. » En attendant, le jeune élève se prépare pour la rentrée en école secondaire.
En 2022-23, environ la moitié (51 %) des élèves du secondaire ont travaillé durant l’année scolaire, selon une enquête réalisée et publiée tous les six ans par l’Institut de la statistique du Québec à la demande du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS). Cette proportion est de 38 % en 1re secondaire contre 69 % en 5e secondaire. Les filles sont proportionnellement plus nombreuses que les garçons à travailler durant l’année scolaire.
Des règles
Selon la CNESST (Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail), pendant toute la durée du calendrier scolaire, un jeune qui a l’obligation d’aller à l’école doit avoir un horaire qui lui permet d’être en classe durant les heures de cours, doit être chez lui entre 23 h et 6 h le lendemain matin (y compris l’été, les fins de semaine et les périodes de congé), ainsi qu’un horaire de travail d’un maximum de 17 heures par semaine, dont un maximum de 10 heures du lundi au vendredi. Cet horaire ne s’applique aux périodes de congés scolaires
